La formation continue des pharmaciens développe la compétence clinique, la qualité de dispensation et la conformité réglementaire. Depuis 2023, elle s’inscrit dans un cadre rénové : la certification périodique, dont le Développement Professionnel Continu (DPC) constitue désormais l’un des moyens. Le sujet concerne les pharmaciens titulaires, les pharmaciens adjoints, les pharmaciens hospitaliers et les préparateurs en pharmacie déjà en exercice.
Qu’est-ce que la formation continue des pharmaciens ?
La formation continue des pharmaciens désigne l’actualisation régulière des connaissances professionnelles en pharmacologie, dispensation, prévention, coordination des soins et qualité officinale. Elle ne repose plus sur le seul DPC : elle s’organise désormais autour de la certification périodique, obligation introduite par l’ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 et applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2023.
Dans ce cadre, le DPC garde toute sa place, mais comme levier et non comme obligation faîtière. Il combine 3 finalités opérationnelles : développer les compétences, évaluer les pratiques professionnelles et renforcer la gestion des risques. Ces finalités couvrent des situations concrètes, telles que la délivrance d’un traitement chronique, l’accompagnement vaccinal et la prévention de l’iatrogénie médicamenteuse.
Le public visé comprend les pharmaciens titulaires, les pharmaciens adjoints, les pharmaciens hospitaliers et les préparateurs en pharmacie. Il n’inclut pas les étudiants qui recherchent une formation initiale pour devenir pharmaciens.
Pour identifier des programmes adaptés à l’exercice officinal ou hospitalier, la page dédiée recense toutes les formations DPC destinées aux pharmaciens et aux équipes de pharmacie.
La certification périodique : le nouveau cadre obligatoire
La certification périodique est l’obligation de référence des pharmaciens inscrits à l’Ordre. Instaurée par l’ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021, elle s’applique aux 7 professions de santé dotées d’un ordre, dont la pharmacie, depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. Son objectif est de garantir le maintien des compétences, la qualité des pratiques et l’actualisation des connaissances tout au long de la carrière.
Le rythme repose sur une période de 6 ans, décomptée à partir de l’inscription à l’Ordre. À titre dérogatoire, les professionnels inscrits avant le 1ᵉʳ janvier 2023 disposent d’une première période portée à 9 ans. Le contrôle relève de l’Ordre national des pharmaciens, via un compte individuel de suivi.
La certification s’articule autour de 4 axes :
- Axe 1 : actualiser les connaissances et les compétences ;
- Axe 2 : renforcer la qualité des pratiques professionnelles ;
- Axe 3 : améliorer la relation avec le patient ;
- Axe 4 : mieux prendre en compte sa propre santé.
Les référentiels propres aux pharmaciens ont été précisés par l’arrêté du 26 février 2026, publié au Journal officiel. Le référentiel du Conseil national professionnel (CNP) de la Pharmacie prévoit la réalisation d’un minimum de 10 actions réparties entre les 4 axes. Les actions réalisées à partir du 1ᵉʳ janvier 2023 sont prises en compte dans le parcours.
Quelle place pour le DPC dans la certification ?
Le DPC est désormais un moyen au service de la certification périodique, et non une obligation distincte qui se suffirait à elle-même. Il reste une obligation triennale : chaque pharmacien doit justifier, sur une période de 3 ans, de son engagement dans une démarche de DPC.
Concrètement, les actions de DPC alimentent surtout les axes 1 et 2 de la certification. Le référentiel CNP Pharmacie demande, pour ces deux axes, 3 actions par triennat, dont au moins une action cognitive (acquisition de connaissances) et une action réflexive (analyse des pratiques). Les axes 3 et 4 appellent quant à eux 2 actions chacun sur l’ensemble de la période de 6 ans (ou 9 ans).
Le point clé à retenir : les actions de DPC sont comptabilisées dans la certification, mais ne suffisent pas, à elles seules, à la valider. Le pharmacien doit couvrir les 4 axes, là où le DPC se concentre sur les deux premiers.
Quels professionnels sont concernés par ces formations ?
La certification périodique et le DPC concernent les professionnels déjà actifs dans la chaîne pharmaceutique, notamment les titulaires, adjoints, hospitaliers et préparateurs. Chaque profil possède des besoins distincts, comme la gestion d’équipe, la clinique du médicament ou l’accueil patient.
Le pharmacien titulaire pilote des besoins organisationnels, tels que la coordination de l’équipe, le respect des protocoles et la stratégie de services. Le pharmacien adjoint développe des compétences cliniques, telles que l’entretien pharmaceutique, la conciliation médicamenteuse et l’accompagnement des patients chroniques.
Le pharmacien hospitalier intervient dans un environnement différent. Il traite des sujets comme la pharmacie clinique, le circuit du médicament et la collaboration avec les équipes médicales. Le préparateur en pharmacie renforce des compétences appliquées, telles que l’accueil, la préparation, la traçabilité et l’information du patient.
Cette segmentation évite les formations génériques. Elle relie chaque programme à une fonction professionnelle mesurable et à un axe de certification précis.
Quels critères permettent de choisir une formation pertinente ?
Une formation pertinente possède un public défini, un objectif pédagogique mesurable, un format compatible et une application directe. Les critères principaux incluent le métier, l’axe de certification visé, le thème clinique, la durée, le financement et l’usage en situation réelle.
Le premier critère est le public. Une action conçue pour un préparateur en pharmacie ne répond pas toujours aux besoins d’un pharmacien hospitalier. Une action orientée officine ne couvre pas toujours les contraintes du circuit hospitalier.
Le deuxième critère est le format. Les formats disponibles, tels que l’e-learning, le présentiel et le parcours mixte, permettent d’adapter la formation à l’activité. La page cible recense plus de 40 formations disponibles et des modalités de financement comme le DPC, le FIF-PL et l’OPCO EP.
Le troisième critère est l’application. Une formation utile améliore une tâche identifiable, telle que sécuriser une dispensation, formaliser un entretien ou optimiser une procédure interne — tout en cochant l’un des 4 axes de la certification.
Quelles thématiques renforcent la sécurité du patient ?
Les thématiques qui renforcent la sécurité du patient couvrent la prévention des erreurs, la qualité de dispensation et l’accompagnement thérapeutique. Les exemples majeurs incluent iatrogénie, vaccination, maladies chroniques, bon usage du médicament et coordination des soins.
L’iatrogénie médicamenteuse exige une vigilance documentaire. Elle concerne les interactions, les doublons thérapeutiques, les contre-indications et les populations à risque, comme les personnes âgées polymédiquées. Une formation ciblée développe des réflexes de repérage et de priorisation.
La vaccination mobilise des connaissances réglementaires, biologiques et pratiques. Elle relie calendrier vaccinal, entretien avec le patient, conservation des produits et traçabilité. L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé publient des informations institutionnelles qui appuient ces repères professionnels.
Les maladies chroniques, telles que diabète, hypertension et asthme, nécessitent un accompagnement régulier. Le pharmacien affine son conseil lorsque la formation relie symptômes, traitements, observance et coordination interprofessionnelle.
Comment planifier son parcours sur 6 ans ?
Un parcours de certification se planifie avec 1 diagnostic de besoins, des actions réparties sur les 4 axes et 1 suivi documentaire. Cette méthode relie la période de 6 ans à l’activité réelle, sans concentrer la formation en fin de cycle.
Le diagnostic liste les priorités professionnelles. Ces priorités peuvent inclure vaccination, dispensation des traitements chroniques, accompagnement du patient âgé et coordination avec les prescripteurs. Chaque priorité correspond à une compétence vérifiable et se rattache à un axe.
Pour les pharmaciens, le référentiel prévoit au minimum 10 actions : au moins 3 actions pour l’axe 1, au moins 3 actions pour l’axe 2, au moins 2 actions pour l’axe 3 et au moins 2 actions pour l’axe 4. Les actions relevant du DPC contribuent principalement aux axes 1 et 2.
Le suivi documentaire conserve les preuves utiles : intitulés, dates, durées, organismes, axes couverts, objectifs et attestations. Cette traçabilité sécurise le parcours et facilite la vérification par l’Ordre, tant pour l’obligation triennale de DPC que pour la certification périodique.
Que retenir pour une équipe de pharmacie ?
Une équipe de pharmacie utilise la formation continue comme un dispositif de compétence, de conformité et de qualité patient, désormais piloté par la certification périodique. Le bénéfice opérationnel apparaît lorsque les titulaires, adjoints, hospitaliers et préparateurs suivent des parcours liés à leurs missions et couvrant les 4 axes.
La démarche la plus structurée repose sur 3 décisions : sélectionner les thèmes prioritaires, répartir les actions sur les 4 axes et sur la période de 6 ans, et conserver les justificatifs. Le DPC s’intègre dans cette logique comme le moyen privilégié de valider les axes 1 et 2.
La formation continue ne se confond pas avec la formation initiale. Elle s’adresse aux professionnels déjà engagés dans l’exercice pharmaceutique. Cette précision évite les erreurs d’orientation et concentre le contenu sur l’amélioration des pratiques.
Une équipe qui planifie ses formations par métier et par axe développe des compétences plus homogènes. Elle améliore la qualité de l’information donnée au patient, la sécurité de la délivrance et la continuité du parcours de soins, tout en sécurisant sa certification périodique.