Devenir AESH : conditions, formation et statut en 2025-2026

TL;DR : Un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) accompagne des élèves porteurs de handicap au quotidien dans les établissements scolaires. Le poste est accessible sans diplôme initial, avec une formation obligatoire de 60 heures dispensée par l’Éducation nationale. En 2025-2026, une proposition de loi sénatoriale vise à intégrer les AESH dans la fonction publique de l’État en catégorie B, mettant fin à une précarité documentée depuis plusieurs années.

Qu’est-ce qu’un AESH et quelles sont ses missions ?

Un AESH est un professionnel chargé d’accompagner des élèves en situation de handicap pour favoriser leur scolarisation. Il intervient sur les temps scolaires, périscolaires et, si besoin, en internat.

Les missions d’un AESH couvrent 3 domaines principaux :

  • Les actes de la vie quotidienne : déplacement, repas, habillage.
  • L’accès aux activités d’apprentissage : prise de notes, aide à la compréhension des consignes.
  • La participation aux activités de la vie sociale et relationnelle : récréations, sorties scolaires.

Selon la proposition de loi examinée au Sénat le 17 décembre 2025, un AESH peut accompagner plus de 10 élèves sur une semaine, parfois simultanément. Cette charge de travail est dénoncée comme un dysfonctionnement structurel.

Quelles sont les conditions pour devenir AESH ?

Aucun diplôme spécifique n’est exigé pour postuler à un poste d’AESH. Le recrutement repose sur des critères comportementaux : patience, empathie, capacité à travailler en équipe éducative.

Les 4 conditions générales d’accès au poste sont :

  1. Être ressortissant de l’Union européenne ou avoir un titre de séjour valide.
  2. Jouir de ses droits civiques.
  3. Présenter un casier judiciaire vierge (bulletin n°2).
  4. Être apte physiquement à exercer les missions.

Une expérience auprès d’un public en situation de handicap ou un parcours atypique constituent des atouts reconnus lors des entretiens de recrutement. La profession est exercée à 90 % par des femmes, selon les données citées dans le rapport de la commission sénatoriale de décembre 2025.

Quel diplôme ou quelle formation faut-il pour exercer comme AESH ?

Une formation de 60 heures, organisée par l’Éducation nationale, est obligatoire à la prise de poste. Elle couvre les notions fondamentales sur le handicap, les troubles du neurodéveloppement et les postures professionnelles.

Des formations complémentaires permettent d’approfondir les compétences et d’obtenir une qualification reconnue :

Formation Durée Organisme Niveau
Formation initiale obligatoire 60 heures Éducation nationale Non certifiante
DEAES (Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social) 6 à 12 mois GRETA, universités, AFPA Niveau 3 (CAP/BEP)
AFC (Action de Formation Conventionnée) 6 à 12 mois Centres spécialisés, universités Certifiante partielle
PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences) Variable Universités, CNAM Certifiante complète

Le DEAES est la certification la plus reconnue dans le secteur. Il valide les compétences d’accompagnement et renforce l’employabilité sur le long terme.

Comment financer sa formation AESH via France Travail ?

France Travail (ex-Pôle emploi) finance intégralement les formations AESH éligibles via 3 dispositifs principaux : la POE, l’AFC et le PIC. La rémunération est maintenue pendant toute la durée du parcours.

Les 3 dispositifs de financement mobilisables sont :

  • POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi) : durée de 1 à 2 mois, généralement adossée à une offre d’emploi identifiée.
  • AFC (Action de Formation Conventionnée) : formation certifiante de 6 à 12 mois, accessible aux demandeurs d’emploi inscrits.
  • PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences) : parcours complets, notamment vers le DEAES, financés dans le cadre de priorités régionales.

Pendant la formation, les allocations chômage sont maintenues ou remplacées par la RFPE (Rémunération de Formation Pôle Emploi). Des aides annexes existent pour couvrir les frais de transport, d’hébergement et de garde d’enfants.

La démarche débute par une inscription active à France Travail, condition préalable à l’accès à ces dispositifs. Un conseiller dédié valide ensuite le projet professionnel avant l’entrée en formation.

Quel est le statut contractuel d’un AESH en 2025 ?

En 2025, les AESH sont recrutés par l’État sous contrat de droit public. Ils relèvent du ministère de l’Éducation nationale mais ne disposent pas du statut de fonctionnaire.

Les caractéristiques contractuelles actuelles sont les suivantes :

  • Contrat à durée déterminée (CDD) de 3 ans renouvelable une fois.
  • Transformation en CDI possible après 6 ans de services continus.
  • Exercice à temps partiel dans la grande majorité des cas.
  • Salaire moyen de 1 000 euros net par mois, soit un montant inférieur au seuil de pauvreté selon l’exposé des motifs de la proposition de loi sénatoriale de décembre 2025.

La CFDT a documenté qu’entre 2020 et 2023, un tiers des AESH ont démissionné, révélant un taux de turn-over structurellement élevé lié à ces conditions d’emploi.

Pourquoi la profession d’AESH est-elle en cours d’intégration dans la fonction publique ?

La sénatrice Marie-Pierre Monier, rapporteure de la proposition de loi, dénonce une « précarité institutionnalisée » nuisant à l’attractivité et à la qualité d’accompagnement des élèves. Le texte vise à transformer le statut des AESH en profondeur.

Le 17 décembre 2025, la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat a adopté une proposition de loi portant intégration des AESH dans la fonction publique de l’État en catégorie B. Le texte a été examiné en séance publique le 7 janvier 2026.

Les dispositions principales du texte prévoient :

  • Intégration comme fonctionnaires de tous les AESH en poste au 1er janvier 2026.
  • CDisation pour les AESH ne remplissant pas les conditions d’accès à la fonction publique.
  • Rémunération sur la base d’un temps plein.
  • Extension des missions au temps périscolaire et à l’internat.

Parmi les revendications syndicales convergentes figure la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B, ce que reprend précisément l’article 1er du texte sénatorial.

Quelles sont les perspectives d’évolution de carrière pour un AESH ?

En l’état actuel, les 3 principales voies d’évolution d’un AESH sont la CDisation, la formation continue qualifiante et le passage vers d’autres métiers du champ médico-social ou éducatif.

Les évolutions possibles incluent :

  • Obtention du DEAES pour accéder à des postes en établissements médico-sociaux (EHPAD, IME, SESSAD).
  • Préparation d’un concours de catégorie B dans la fonction publique, notamment dans les filières sociale ou administrative.
  • Accès à des fonctions de coordinateur AESH au sein des PIAL (Pôles inclusifs d’accompagnement localisés).

Si la proposition de loi sénatoriale est adoptée définitivement, les AESH intégrés en catégorie B pourront bénéficier d’une grille indiciaire, d’un avancement à l’ancienneté et de la formation continue garantie par le droit à la fonction publique d’État.

Quel est le processus de recrutement pour devenir AESH ?

Le recrutement d’un AESH est piloté par les rectorats et DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale). Il comprend une analyse de candidature, un entretien et une vérification des pièces réglementaires.

Les 5 étapes du recrutement sont :

  1. Dépôt de candidature sur la plateforme académique (AESH-Candidature ou MENJ).
  2. Étude du dossier par la DSDEN compétente.
  3. Entretien de motivation axé sur les qualités humaines et l’expérience auprès de personnes vulnérables.
  4. Vérification du casier judiciaire (bulletin n°2).
  5. Signature du contrat et démarrage de la formation initiale de 60 heures.

Les candidatures sont déposées tout au long de l’année, avec des pics de recrutement en avril-juin pour les postes à la rentrée de septembre.

Quelles sont les conditions de travail concrètes d’un AESH ?

Un AESH travaille en lien direct avec les enseignants, les équipes éducatives et les familles. Il peut être affecté à plusieurs établissements sur une même semaine au sein d’un PIAL.

Les conditions de travail se caractérisent par :

  • Un temps de travail généralement inférieur à un temps plein (24h hebdomadaires en moyenne).
  • Une répartition sur plusieurs établissements, parfois géographiquement éloignés.
  • Un emploi du temps pouvant évoluer en cours d’année selon les prescriptions de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).
  • Un accompagnement de 1 à plusieurs élèves, avec des notifications individuelles ou mutualisées.

Le rapport de la commission sénatoriale de décembre 2025 souligne que ces conditions ont contribué à un départ massif : un tiers des AESH ont quitté la profession entre 2020 et 2023 selon la CFDT.

Chronologie : les grandes étapes réglementaires du statut AESH

Le statut d’AESH a été créé en 2014 pour professionnaliser l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap, en remplacement des AVS (auxiliaires de vie scolaire).

Date Événement Impact
2014 Création du statut AESH par décret Remplacement progressif des AVS
2019 Création des PIAL (Pôles inclusifs d’accompagnement localisés) Mutualisation des accompagnements à l’échelle d’un secteur
2020-2023 Vague de démissions documentée par la CFDT Un tiers des AESH quittent la profession
17 décembre 2025 Adoption en commission sénatoriale de la proposition de loi d’intégration FPE Vers un statut de fonctionnaire catégorie B
7 janvier 2026 Examen en séance publique au Sénat Débat législatif en cours
1er janvier 2026 Date de référence pour l’intégration dans la FPE (selon le texte) Fonctionnarisation des AESH en poste

Comment la reconversion vers le métier d’AESH est-elle accessible depuis Pôle emploi ?

Un demandeur d’emploi inscrit à France Travail peut financer intégralement sa reconversion vers le métier d’AESH grâce aux dispositifs POE, AFC et PIC, sans avance de frais.

La reconversion via France Travail se déroule en 4 phases :

  1. Inscription active à France Travail, condition d’accès aux financements.
  2. Validation du projet professionnel avec un conseiller, en mettant en avant les motivations et compétences transférables.
  3. Sélection du dispositif adapté : POE pour une entrée rapide en emploi, AFC ou PIC pour une qualification approfondie.
  4. Entrée en formation avec maintien de la rémunération via les allocations chômage ou la RFPE.

Cette voie est particulièrement adaptée aux personnes ayant un parcours atypique ou souhaitant s’engager dans un secteur à forte dimension humaine. La demande de professionnels qualifiés augmente chaque année, portée par la hausse des prescriptions d’aide humaine notifiées par les MDPH.

Sources officielles

Article mis à jour le 4 mai 2026.