L’infirmier sapeur-pompier (ISP) exerce au sein du Service de Santé et de Secours Médical (SSSM) d’un SDIS. Il intervient sur les opérations de secours, assure la santé en service des agents et forme les sapeurs-pompiers aux soins d’urgence. La France compte environ 8 600 infirmiers sapeurs-pompiers volontaires, auxquels s’ajoutent les professionnels recrutés par concours via l’ENSOSP.
Qu’est-ce qu’un infirmier sapeur-pompier (ISP) ?
Un infirmier sapeur-pompier est un professionnel de santé intégré au SSSM d’un Service Départemental d’Incendie et de Secours. Il combine les compétences infirmières et les exigences opérationnelles des sapeurs-pompiers pour assurer une prise en charge médicale sur les lieux d’intervention.
L’ISP appartient à un corps pluridisciplinaire. Le SSSM regroupe également des médecins, pharmaciens, vétérinaires, psychologues, sages-femmes, kinésithérapeutes, diététiciens et ostéopathes. Cette organisation garantit une couverture sanitaire complète des sapeurs-pompiers et des victimes.
Deux statuts coexistent :
- Infirmier sapeur-pompier volontaire (ISPV) : engagement sur la base du volontariat, cumulable avec une activité professionnelle principale.
- Infirmier sapeur-pompier professionnel (ISPP) : agent public titulaire, recruté par concours, relevant de la fonction publique territoriale.
Quelles sont les missions de l’infirmier sapeur-pompier ?
Les missions de l’ISP se répartissent en 3 domaines : les secours d’urgence aux personnes, la surveillance de la santé des sapeurs-pompiers et la formation aux soins d’urgence. Ces missions varient selon le grade et le statut (volontaire ou professionnel).
Missions opérationnelles
L’ISP participe directement aux opérations de secours et de sauvetage. Il apporte une assistance médicale aux victimes sur les lieux d’intervention. Il assure la régulation et la coordination des soins préhospitaliers en lien avec le SAMU et les services d’urgence.
Missions de santé en service
L’ISP surveille l’état de santé des sapeurs-pompiers en activité. Il apporte des conseils en médecine préventive. Il contribue au suivi médical réglementaire des agents exposés à des risques professionnels spécifiques (fumées toxiques, stress post-traumatique, etc.).
Missions de formation
L’ISP participe à la formation des sapeurs-pompiers dans le domaine des secours aux personnes. Il enseigne les gestes de premier secours, les techniques de réanimation cardio-pulmonaire et les protocoles d’urgence. Il contribue à la mise en œuvre des formations de maintien et de perfectionnement des acquis (FMPA).
Quelles sont les conditions pour devenir ISP ?
Les conditions communes de recrutement, valables pour les 2 statuts (volontaire et professionnel), incluent 6 critères cumulatifs définis par la réglementation.
| Condition | Détail |
|---|---|
| Diplôme d’État d’Infirmier (DEI) | Ou autorisation d’exercer équivalente reconnue |
| Inscription à l’Ordre National Infirmier | Obligatoire sans exception |
| Âge | Avoir entre 21 et 60 ans au moment du recrutement |
| Service national | Être en position régulière vis-à-vis du service national |
| Droits civiques | Jouir pleinement de ses droits civiques |
| Casier judiciaire | Casier judiciaire vierge (bulletin n°2) |
| Aptitude physique et médicale | Remplir les conditions fixées par le SDIS recruteur |
Certains SDIS renforcent leurs exigences. Ils privilégient les candidats disposant d’au moins 2 ans d’expérience professionnelle après l’obtention du DEI. Une expérience dans un service d’urgence, de réanimation ou en soins extrahospitaliers constitue un atout déterminant. Des SDIS en zone rurale recherchent des profils d’infirmiers libéraux maîtrisant le travail en autonomie.
Comment se déroule le recrutement en tant qu’ISPV ?
Le recrutement en qualité d’infirmier sapeur-pompier volontaire s’effectue directement auprès du SSSM du SDIS du département choisi, sans concours national unifié. Les modalités varient selon les départements.
La démarche type comprend :
- Prendre contact avec la chefferie santé (état-major du SSSM) du SDIS.
- Adresser un CV et une lettre de motivation ciblée sur les urgences préhospitalières.
- Passer un entretien de sélection et, selon les SDIS, un examen écrit.
- Réussir les épreuves médicales et physiques d’aptitude.
Après sélection, le nouvel ISPV suit une formation initiale s’étalant sur 3 ans, représentant plus de 300 heures de formation et de tutorat. Cette formation se déroule au SDIS et à l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP), sur son site d’Aix-en-Provence.
Comment se déroule le concours d’infirmier sapeur-pompier professionnel ?
Le recrutement en qualité d’infirmier sapeur-pompier professionnel (ISPP) passe par un concours organisé par les SDIS, en lien avec les centres de gestion (CDG) de la fonction publique territoriale.
L’accès au corps des ISPP nécessite de remplir les conditions communes de recrutement ISP. Le concours comprend généralement des épreuves écrites (connaissances médicales, organisation des secours) et des épreuves orales devant un jury. L’ENSOSP dispense ensuite une formation initiale d’application pour les lauréats.
L’ISPP relève de la filière médico-sociale de la fonction publique territoriale. Il bénéficie d’un déroulement de carrière avec plusieurs grades accessibles, d’une rémunération indiciaire et d’indemnités spécifiques liées aux contraintes opérationnelles (astreintes, interventions de nuit, risques).
Quelle est la formation initiale à l’ENSOSP pour les ISP ?
L’ENSOSP, implantée à Aix-en-Provence, délivre la formation nationale de référence pour les infirmiers sapeurs-pompiers, tant pour les volontaires que pour les professionnels.
La formation ISP comprend 2 volets complémentaires :
- Volet départemental : adapté aux risques locaux, aux protocoles propres au SDIS et aux spécificités du territoire (zone urbaine, rurale, montagne, côtière).
- Volet national à l’ENSOSP : formation technique standardisée sur les secours d’urgence, la prise en charge des victimes en situation de catastrophe, le commandement médical et les protocoles infirmiers en contexte sapeur-pompier.
L’ENSOSP propose également des formations de maintien et de perfectionnement des acquis (FMPA) pour les ISP en activité. Ces formations garantissent la mise à jour des compétences face aux évolutions réglementaires et techniques. Le catalogue 2026 de l’ENSOSP intègre aussi des événements réseau dédiés aux professionnels de santé des SIS (Journées d’Informations Santé en Service des SIS — JISS).
Quelles sont les différences entre statut volontaire et statut professionnel pour un ISP ?
Les 2 statuts se distinguent principalement par le mode d’engagement, la rémunération et le volume horaire d’activité opérationnelle.
| Critère | ISPV (volontaire) | ISPP (professionnel) |
|---|---|---|
| Mode d’accès | Candidature directe au SDIS | Concours de la fonction publique territoriale |
| Cumul d’activité | Oui, avec activité principale | Non (activité principale exclusive) |
| Rémunération | Vacations à l’heure d’intervention | Traitement indiciaire + primes |
| Formation initiale | 300+ heures sur 3 ans (SDIS + ENSOSP) | Formation initiale d’application ENSOSP |
| Nombre en France | Environ 8 600 | Effectif variable selon les SDIS |
| Tutelle réglementaire | Code de la sécurité intérieure — art. L. 723-3 et suivants | Statut particulier FPT — décret 2001-685 |
Le statut volontaire permet de tester la fonction avant de passer le concours professionnel. Cette passerelle est recommandée par l’Association Nationale des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers (ANISP).
Quels protocoles infirmiers encadrent les actes en secours d’urgence ?
Les ISP interviennent sur la base de protocoles infirmiers validés par le médecin-chef du SSSM, conformément à l’article R. 4311-14 du Code de la santé publique relatif aux actes infirmiers sur prescription médicale anticipée.
Ces protocoles permettent à l’ISP d’initier certains actes médicaux en l’absence de médecin sur les lieux, dans un cadre défini. Les domaines couverts incluent :
- La réanimation cardio-pulmonaire avancée (pose de voie veineuse, administration de médicaments).
- La gestion de la douleur aiguë (antalgiques selon protocole).
- La prise en charge des détresses respiratoires.
- Le triage médical lors des situations de nombreuses victimes (SNV — situations à nombreuses victimes).
- La surveillance et le transport médicalisé des victimes vers les structures d’urgence.
Ces protocoles sont validés annuellement par le médecin-chef du SDIS. Ils s’articulent avec les recommandations du SAMU et du Conseil National de l’Urgence Hospitalière (CNUH).
Quelles évolutions de carrière sont accessibles pour un ISPP ?
L’infirmier sapeur-pompier professionnel peut progresser vers des grades d’encadrement, notamment vers le grade de cadre de santé au sein du SSSM.
Les principales évolutions incluent :
- Accès au grade d’infirmier principal après plusieurs années de service et examen professionnel.
- Accès au grade de cadre de santé sapeur-pompier, ouvrant des responsabilités d’encadrement du SSSM départemental.
- Participation à des missions de formation à l’ENSOSP en tant qu’intervenant ou formateur.
- Intégration dans des groupes de travail nationaux pilotés par la DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises).
L’ANISP (Association Nationale des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers) organise chaque année les Journées Nationales des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers (JNISP), dont l’édition 2025 réunit les acteurs du réseau pour partager les évolutions réglementaires et les bonnes pratiques.
Pourquoi le rôle des ISP est-il central dans la réponse aux urgences préhospitalières ?
Les ISP constituent le premier maillon médical qualifié sur les lieux d’intervention, souvent avant le SMUR ou le médecin régulateur du SAMU. Leur capacité à initier des soins avancés réduit la mortalité dans les premières minutes critiques.
En France, les sapeurs-pompiers réalisent plus de 4,6 millions d’interventions annuelles, dont une majorité relève du secours à personne. La présence d’un ISP sur les interventions complexes (arrêt cardiaque, polytraumatisé, détresse respiratoire) optimise les chances de survie avant l’arrivée des équipes hospitalières.
Les ISP jouent également un rôle déterminant lors des plans ORSEC et des situations de crise sanitaire (attentats, accidents collectifs, catastrophes naturelles). Ils assurent le triage, la coordination médicale et le soutien psychologique des victimes et des intervenants.
Quelles sont les questions fréquentes sur le métier d’infirmier sapeur-pompier ?
Faut-il être sapeur-pompier avant de devenir ISP ?
Non. Le prérequis est le Diplôme d’État d’Infirmier et l’inscription à l’Ordre National Infirmier. Aucune expérience préalable de sapeur-pompier n’est exigée réglementairement, même si une expérience en secourisme constitue un atout.
Peut-on cumuler une activité libérale et le statut d’ISPV ?
Oui. Le statut de sapeur-pompier volontaire est compatible avec toute activité professionnelle principale, y compris infirmier libéral. Ce cumul est même valorisé par certains SDIS en zone rurale.
Quel est le délai de formation avant la première intervention opérationnelle ?
Le délai varie selon les SDIS. La formation comprend un volet national à l’ENSOSP et un volet départemental, répartis sur 3 ans pour un total de plus de 300 heures. Une habilitation progressive permet des interventions encadrées dès les premières semaines.
L’ISP peut-il prescrire des médicaments ?
Non, pas de prescription autonome. L’ISP agit sur la base de protocoles médicaux établis par le médecin-chef du SSSM, conformément aux dispositions du Code de la santé publique (art. R. 4311-14).
Sources officielles
- Légifrance — Code de la sécurité intérieure : statut des sapeurs-pompiers volontaires
- Légifrance — Statut particulier des sapeurs-pompiers professionnels (décret 2001-685)
- Fonction-publique.gouv.fr — Fonction publique territoriale
- ENSOSP — Catalogue des formations 2026
- Service-Public.fr — Sapeur-pompier volontaire : conditions et statut
Article mis à jour le 4 mai 2026.