TL;DR : Aurélia Épaulard, Référente Reconversion Handicap à la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) de la mairie de Paris, pilote 5 missions d’accompagnement des agents bénéficiaires de l’obligation d’emploi (OETH). En 2024, le FIPHFP a soutenu 37 778 recrutements et maintenu 8 805 personnes en emploi. Le taux d’emploi global dans la fonction publique atteint désormais 5,93 %.
Qui est Aurélia Épaulard, référente handicap à la mairie de Paris ?
Aurélia Épaulard occupe le poste de Référente Reconversion Handicap et chargée du suivi des situations complexes à la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) de la mairie de Paris. Elle a elle-même suivi un parcours de reconversion professionnelle avant d’accéder à cette fonction.
Son rôle couvre l’ensemble des agents bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Ces agents sont soit reconnus travailleurs handicapés (RQTH), soit engagés dans un parcours de reconversion après une déclaration d’inaptitude à leur fonction pour raison de santé. La mairie de Paris emploie plusieurs milliers d’agents relevant de ces catégories au sein de ses nombreuses directions.
Ce profil de référente illustre une tendance croissante dans les grandes collectivités territoriales : la création de postes spécialisés dédiés au pilotage de la politique handicap en interne, en lien direct avec les directions des ressources humaines.
Quelles sont les 5 missions principales d’une référente handicap ?
Une référente handicap comme Aurélia Épaulard exerce 5 missions distinctes au quotidien, couvrant l’accompagnement individuel, le maintien dans l’emploi, la sensibilisation, la coordination et le suivi des situations complexes.
- Interlocutrice privilégiée des agents : elle constitue le premier point de contact pour tout agent en situation de handicap. Elle les informe sur leurs droits et les accompagne dans la constitution des dossiers de reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH).
- Maintien dans l’emploi : elle assure un suivi des agents en difficulté sur leur poste. Elle contrôle les préconisations de la médecine du travail et coordonne les ajustements nécessaires avec les encadrants.
- Lien avec les ressources humaines : elle fait le lien entre l’agent, le service RH et le service d’affectation sur toutes les questions liées au handicap, à l’égalité professionnelle et à l’inclusion.
- Communication et sensibilisation : elle organise des actions de sensibilisation au sein de la direction et facilite les formations des collaborateurs et des encadrants sur le thème du handicap.
- Suivi des situations complexes : elle prend en charge les dossiers nécessitant une coordination renforcée entre acteurs (médecine du travail, DRH, service d’affectation, FIPHFP).
| Mission | Public ciblé | Partenaires mobilisés |
|---|---|---|
| Accompagnement RQTH | Agents en situation de handicap | MDPH, DRH |
| Maintien dans l’emploi | Agents en difficulté sur leur poste | Médecine du travail, encadrants |
| Lien RH / agent / service | Tous agents OETH | DRH, service d’affectation |
| Sensibilisation / formation | Collaborateurs et encadrants | CNFPT, FIPHFP |
| Situations complexes | Agents en reconversion | DRH, médecine du travail, FIPHFP |
Qu’est-ce que l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) dans la fonction publique ?
L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) impose à tout employeur public de consacrer 6 % de ses effectifs à l’emploi de personnes en situation de handicap. Cette obligation est fixée par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances.
Les employeurs publics qui n’atteignent pas ce seuil versent une contribution financière au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). En 2023, les taux d’emploi constatés selon les versants de la fonction publique étaient :
- 4,64 % dans la fonction publique d’État (FPE), contre 4,36 % en 2022
- 5,64 % dans la fonction publique hospitalière (FPH), contre 5,33 % en 2022
- 6,89 % dans la fonction publique territoriale (FPT), contre 6,72 % en 2022
Seule la FPT dépasse le seuil légal de 6 %. La FPE reste significativement en dessous. Le taux global tous versants a atteint 5,93 % en 2024, selon les données du FIPHFP.
Comment la reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH) facilite-t-elle l’accompagnement ?
La RQTH est délivrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Elle ouvre droit à un accompagnement renforcé, à des aménagements de poste et à des dispositifs de reconversion au sein de la fonction publique.
La référente handicap joue un rôle déterminant dans la constitution du dossier RQTH. Elle guide l’agent à chaque étape : rassemblement des pièces médicales, rédaction de la demande, suivi auprès de la MDPH. Ce suivi individualisé réduit le risque d’abandon de démarche.
La RQTH bénéficie également aux agents déclarés inaptes à leurs fonctions. Ces agents peuvent engager un parcours de reconversion et être réorientés vers un autre poste au sein de la même administration. La reconversion interne évite la rupture de carrière et préserve les droits acquis.
Aurélia Épaulard souligne que, même en cas d’importants problèmes de santé, « au sein de la fonction publique, nous avons toujours la possibilité de nous reconvertir ». Ce principe est garanti par le statut de la fonction publique.
Quel est le rôle du FIPHFP dans l’insertion professionnelle accompagnée ?
Le FIPHFP, créé par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 et organisé par le décret n° 2006-501 du 3 mai 2006, finance les actions d’insertion, de recrutement et de maintien dans l’emploi des personnes handicapées dans les 3 versants de la fonction publique.
Sa gestion administrative est assurée par la Caisse des Dépôts. Il est placé sous la tutelle des ministres chargés des personnes handicapées, de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière, ainsi que du Budget.
En 2024, le FIPHFP a financé :
- 37 778 recrutements de personnes en situation de handicap dans la fonction publique
- Le maintien en emploi de 8 805 personnes
- Des subventions pour l’aménagement de postes, la formation des équipes et la sensibilisation des agents
Les collectivités qui dépassent le seuil légal de 6 % ne versent pas de contribution au FIPHFP. Elles bénéficient d’un signal positif pour leur marque employeur.
Quels dispositifs d’accompagnement existent pour les agents en parcours de reconversion ?
Les agents déclarés inaptes à leurs fonctions pour raison de santé disposent de 4 dispositifs principaux de reconversion et de maintien dans l’emploi au sein de la fonction publique.
| Dispositif | Public éligible | Pilote | Durée indicative |
|---|---|---|---|
| Reclassement pour inaptitude physique | Agents inaptes à leur poste | DRH / Médecine du travail | Variable selon le poste cible |
| Aménagement de poste | Agents RQTH ou inaptes partiels | Référente handicap / FIPHFP | Permanent ou temporaire |
| Formation de reconversion | Agents en mobilité contrainte | CNFPT / DRH | Quelques semaines à 2 ans |
| Accompagnement individuel renforcé | Situations complexes (multi-facteurs) | Référente handicap | Suivi continu |
La référente handicap coordonne ces dispositifs en lien avec la mission « égalité professionnelle et inclusion » du service des ressources humaines. Elle assure la continuité du suivi entre les différents acteurs.
Pourquoi recruter une personne en situation de handicap enrichit-il les équipes publiques ?
Les agents en situation de handicap apportent 3 types de valeur ajoutée mesurables pour les équipes des administrations publiques : diversité des approches, engagement accru et capacité d’innovation.
Adrien Chaffoteaux, consultant RH spécialiste des collectivités territoriales et fondateur d’Agilians conseil, identifie plusieurs bénéfices concrets :
- Une vision différente, intégrant la prise en compte des fragilités des usagers
- Une capacité à proposer des solutions innovantes face aux contraintes
- Une forte motivation et un attachement particulier à l’employeur public
- Un renforcement de la cohésion interne et de la marque employeur
Les administrations qui dépassent le seuil légal de 6 % d’emploi de travailleurs handicapés envoient un signal fort d’engagement inclusif. Ce signal attire des talents, y compris hors du champ du handicap.
Comment les référents handicap sensibilisent-ils les encadrants et collaborateurs ?
La sensibilisation au handicap en milieu professionnel public s’appuie sur 3 types d’actions : des formations collectives, des ateliers de sensibilisation et des interventions lors d’événements internes (Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, par exemple).
Aurélia Épaulard pilote ces actions au sein de la DJS de la mairie de Paris. Elle se positionne comme référente pour répondre aux questions des encadrants confrontés à des situations de handicap dans leurs équipes. Cette posture de ressource interne est commune à tous les référents handicap de la fonction publique.
Le CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) propose des formations spécialisées à destination des référents handicap et de leurs partenaires RH. Ces formations renforcent les compétences des équipes sur les cadres légaux, les aménagements raisonnables et la communication inclusive.
Quelles sont les conditions pour bénéficier d’un accompagnement par une référente handicap ?
Tout agent public relevant de l’une des 8 catégories bénéficiaires de l’OETH peut solliciter l’accompagnement d’une référente handicap. Ces catégories incluent notamment les travailleurs reconnus handicapés, les victimes d’accidents du travail, les titulaires de pensions d’invalidité et les agents reclassés.
- Être agent titulaire ou contractuel d’une administration publique
- Relever d’une catégorie bénéficiaire de l’OETH ou être en démarche de reconnaissance
- Être affecté dans une direction ou collectivité disposant d’un référent handicap désigné
- Formuler une demande volontaire ou être orienté par la médecine du travail ou la DRH
L’accompagnement est confidentiel. Les informations médicales restent soumises au secret professionnel. Seules les préconisations générales d’aménagement sont transmises aux encadrants, avec l’accord de l’agent.
Quels acteurs institutionnels interviennent dans l’insertion professionnelle accompagnée des agents handicapés ?
L’insertion professionnelle accompagnée dans la fonction publique mobilise 6 acteurs institutionnels principaux, chacun avec un rôle défini.
- FIPHFP : finance les actions d’insertion, de maintien et d’aménagement de poste depuis 2005
- MDPH : délivre la RQTH et évalue les besoins de compensation du handicap
- Médecine du travail : émet les préconisations médicales sur l’aptitude et les aménagements nécessaires
- DRH / mission égalité-inclusion : pilote la politique handicap et coordonne les ressources internes
- CNFPT : forme les agents et les référents handicap dans la FPT
- Référente handicap : coordonne l’ensemble des acteurs autour de la situation individuelle de l’agent
La DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique) produit les données statistiques nationales et définit les orientations stratégiques de la politique handicap dans les 3 versants de la fonction publique.
Quelles évolutions récentes marquent la politique d’emploi des travailleurs handicapés dans la fonction publique ?
Depuis 2022, le taux d’emploi des travailleurs handicapés dans la fonction publique progresse chaque année dans les 3 versants. La FPE est passée de 4,36 % en 2022 à 4,64 % en 2023. La FPH est passée de 5,33 % à 5,64 % sur la même période. La FPT a franchi le seuil de 6 % avec 6,89 %.
Le FIPHFP a été créé par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005. Son organisation administrative a été précisée par le décret n° 2006-501 du 3 mai 2006. En 2024, son action a soutenu le taux d’emploi global à 5,93 % tous versants confondus.
La professionnalisation des référents handicap constitue un levier d’accélération identifié. La création de postes dédiés, comme celui d’Aurélia Épaulard à la mairie de Paris, illustre cette tendance dans les grandes collectivités territoriales et administrations centrales.
FAQ : questions fréquentes sur le rôle de référente handicap et l’insertion professionnelle accompagnée
Toutes les administrations publiques disposent-elles d’un référent handicap ?
Non. Les grandes administrations et collectivités territoriales emploient généralement un ou plusieurs référents handicap dédiés. Dans les petites structures, ce rôle est souvent assumé par un agent RH polyvalent ou mutualisé via un CDG (Centre de gestion).
Le référent handicap peut-il initier la démarche RQTH à la place de l’agent ?
Non. La démarche RQTH est volontaire. Elle appartient à l’agent. Le référent handicap l’informe, l’accompagne et facilite le dossier, mais ne peut pas agir sans le consentement explicite de l’intéressé.
Que se passe-t-il si un agent refuse l’accompagnement proposé par la référente handicap ?
L’accompagnement reste facultatif. L’agent conserve le droit de refuser tout suivi. La médecine du travail peut néanmoins émettre des préconisations d’aménagement indépendamment de ce refus.
Le FIPHFP finance-t-il directement les aménagements de poste ?
Oui. Le FIPHFP propose des subventions pour financer l’aménagement des postes, la formation des équipes et la sensibilisation des agents. Ces aides sont accessibles aux employeurs publics sur présentation d’un dossier.
Sources officielles
- Portail de la fonction publique – Obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH)
- FIPHFP – Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
- Légifrance – Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances
- Service-public.fr – Reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH)
- CNFPT – Centre national de la fonction publique territoriale
Article mis à jour le 4 mai 2026.