TL;DR : Le chargé de mission réseaux énergie est un agent de catégorie A, rattaché à la filière technique de la fonction publique territoriale, d’État ou hospitalière. Il pilote la transition énergétique des collectivités, optimise les consommations et assure la conformité réglementaire. Plus de 50 000 postes sont liés aux métiers de l’énergie dans la sphère publique, un chiffre en forte progression depuis la loi Énergie-Climat de 2019.
Qu’est-ce qu’un chargé de mission réseaux énergie dans la fonction publique ?
Le chargé de mission réseaux énergie est un expert technique qui assure la gestion, l’optimisation et la transition des réseaux énergétiques au sein d’une collectivité ou d’un établissement public. Il pilote des projets de décarbonation, supervise les infrastructures électriques, gazeuses et thermiques, et garantit la conformité aux réglementations en vigueur.
Ce professionnel intervient dans 3 fonctions publiques : territoriale (FPT), d’État (FPE) et hospitalière (FPH). Dans la FPT, il relève du cadre d’emploi des ingénieurs territoriaux, classés en catégorie A. Il peut également porter les appellations suivantes :
- chargé de projet transition énergétique
- chargé de projet de la politique énergétique
- responsable de la transition énergétique
- ingénieur chargé de mission réseaux énergie
Dans la FPE, le poste peut être rattaché à des structures telles que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), au sein d’un Pôle Énergies traitant l’électricité, le gaz et les énergies renouvelables. La DGCCRF garantit l’ordre public économique et veille au bon fonctionnement des marchés énergétiques.
Quelles sont les missions principales d’un chargé de mission réseaux énergie ?
Les missions couvrent 6 domaines clés : pilotage de projets, appui technique, veille réglementaire, animation du PCAET, coordination interservices et communication publique. Chaque domaine exige une expertise technique et juridique combinée.
Les missions opérationnelles détaillées comprennent :
- Développement, mise en œuvre et suivi de projets de transition énergétique (rénovation énergétique, énergies renouvelables)
- Appui technique aux communes membres en matière d’énergie
- Veille réglementaire et législative, rédaction de synthèses à destination des élus
- Animation et suivi des volets « énergie », « exemplarité de la collectivité » et « habitat » du PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial)
- Coordination avec les autres chargés de missions sur les questions de transition écologique et biodiversité
- Organisation d’événements à destination du grand public et des partenaires institutionnels
- Suivi de la performance du patrimoine bâti public
- Gestion des réseaux électriques, gaziers et thermiques du territoire
Dans la FPE, le chargé de mission au bureau 6A de la DGCCRF assure en outre le suivi du secteur de l’énergie (électricité, gaz, énergies renouvelables), la régulation concurrentielle et l’application du droit de la concurrence. 2 agents composent généralement ce type de pôle avec une cheffe de pôle coordinatrice.
Quels sont les enjeux publics liés aux réseaux d’énergie en 2025-2026 ?
La transition énergétique constitue l’enjeu central : les entreprises des réseaux électriques assurent le transport et la distribution du courant 24 heures sur 24, partout sur le territoire, répondant aux besoins croissants des particuliers, des collectivités et des industries. La décarbonation impose une refonte structurelle des réseaux publics.
Les 4 grands enjeux publics identifiés en 2025-2026 sont :
- Décarbonation : remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables et bas-carbone dans les installations publiques
- Résilience des réseaux : maintien de la continuité du service électrique face aux aléas climatiques
- Sobriété énergétique : réduction des consommations dans le patrimoine bâti public et les mobilités
- Régulation concurrentielle : application des règles PAC (pratiques anticoncurrentielles), PCR (prix de référence) et droit de la concurrence sur les marchés de l’énergie
La loi Énergie-Climat du 8 novembre 2019 fixe la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le décret du 23 juillet 2019 impose aux collectivités de plus de 50 000 habitants l’élaboration d’un PCAET. Ces textes structurent directement les missions des chargés de mission réseaux énergie dans les collectivités.
Quel est le profil et le niveau de formation requis ?
Le poste est accessible à partir de bac+5, notamment via un diplôme d’ingénieur ou un master spécialisé en énergie, environnement ou droit économique. Des formations allant du bac professionnel au bac+5 existent dans le secteur des réseaux électriques, mais la fonction publique de catégorie A exige le niveau bac+5.
| Niveau de diplôme | Cadre d’emploi FPT | Poste accessible | Voie d’accès |
|---|---|---|---|
| Bac+5 (ingénieur, master) | Ingénieur territorial | Chargé de mission réseaux énergie | Concours externe, détachement |
| Bac+3 (licence pro) | Technicien territorial (cat. B) | Technicien réseaux énergie | Concours externe |
| Bac professionnel | Adjoint technique (cat. C) | Agent exploitation réseaux | Concours externe |
| Bac+5 droit/économie | Attaché d’administration | Chargé de mission DGCCRF énergie | Concours ENA/INSP, recrutement direct |
Les compétences techniques attendues couvrent les réseaux électriques, la thermique du bâtiment, les énergies renouvelables et le droit de l’environnement. Les compétences juridiques sont indispensables, notamment en droit de la concurrence (PAC, PCR, régulation concurrentielle) et en commande publique. La rigueur, la réactivité, l’esprit de synthèse et une forte capacité rédactionnelle sont des qualités formellement attendues.
Quel est le salaire d’un chargé de mission réseaux énergie dans la fonction publique ?
Le salaire brut mensuel d’un ingénieur territorial en début de carrière s’établit autour de 2 100 € brut, conformément à la grille indiciaire de la catégorie A de la FPT. La rémunération évolue selon l’échelon, le grade et les régimes indemnitaires de la collectivité employeuse.
| Grade | Échelon | Indice brut | Traitement brut mensuel estimé |
|---|---|---|---|
| Ingénieur | 1er échelon | 379 | ~1 800 € brut |
| Ingénieur | 6e échelon | 538 | ~2 550 € brut |
| Ingénieur principal | 1er échelon | 544 | ~2 580 € brut |
| Ingénieur hors classe | Sommet de grille | 821 | ~3 900 € brut |
La rémunération brute est complétée par le RIFSEEP (Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l’Expertise et de l’Engagement Professionnel), dont le montant varie selon les collectivités. Certaines métropoles et EPCI versent des primes spécifiques liées à l’expertise technique en énergie.
Quels sont les employeurs publics qui recrutent sur ce métier ?
Les employeurs publics concernés sont 4 catégories principales : collectivités territoriales, établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), services de l’État et opérateurs publics nationaux. Les recrutements progressent depuis la publication de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) révisée en 2020.
- Collectivités territoriales : régions, départements, communes de plus de 50 000 habitants soumises au PCAET
- EPCI : métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération gérant la compétence énergie
- Services de l’État : DGCCRF (bureau 6A secteur énergie), DREAL, ADEME
- Opérateurs publics : RTE (Réseau de Transport d’Électricité), Enedis, SNCF Réseau, établissements hospitaliers pour l’optimisation du patrimoine énergétique
RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, emploie des chargés de mission sur des fonctions d’études, d’ingénierie, d’exploitation et d’environnement. La filière garantit la continuité du service électrique sur l’ensemble du territoire national, mobilisant des profils techniques à tous les niveaux de qualification.
Comment postuler à un poste de chargé de mission réseaux énergie dans la fonction publique ?
L’accès au poste emprunte 3 voies principales : le concours externe d’ingénieur territorial, le recrutement direct par voie contractuelle (article L.332-8 du CGFP) pour les postes nécessitant une expertise rare, et le détachement depuis un autre corps ou cadre d’emploi.
- Concours externe : ouvert aux titulaires d’un bac+5, organisé par les CDG (centres de gestion) départementaux ou le CNFPT
- Recrutement contractuel : contrat de 3 ans renouvelable, applicable aux postes à expertise spécifique en énergie
- Détachement : possible depuis la FPE ou la FPH vers la FPT, sous conditions de corps équivalents
- Promotion interne : accessible pour les techniciens territoriaux justifiant d’une ancienneté de service et d’une formation CNFPT validée
Les offres d’emploi sont publiées sur la plateforme Choisir le Service Public (choisirleservicepublic.gouv.fr) et sur les bourses d’emploi des CDG. La date limite de candidature pour le poste de chargé de mission DGCCRF bureau 6A était fixée au 29 mai 2026 pour la référence MEF_2026-29852.
Quelles compétences transversales développer pour évoluer dans ce métier ?
L’évolution professionnelle repose sur le développement de 5 compétences transversales : maîtrise des outils de pilotage énergétique, capacité d’animation de réseau, expertise juridique en droit de l’environnement, aptitude à la conduite de projet et compétences en communication institutionnelle.
- Pilotage énergétique : maîtrise des outils de suivi des consommations (SIETEM, logiciels de comptage intelligent)
- Droit de l’environnement : connaissance de la loi Énergie-Climat 2019, du Code de l’énergie et des directives européennes
- Conduite de projet : méthodologie PMI ou PRINCE2, gestion budgétaire des programmes de rénovation
- Animation de réseau : coordination avec élus, bureaux d’études, gestionnaires de réseaux (RTE, Enedis) et services techniques
- Communication publique : rédaction de synthèses pour élus, animation d’événements de sensibilisation à destination du grand public
Le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) propose des formations continues spécialisées, notamment le cycle « Énergie et développement durable » accessibles aux ingénieurs territoriaux depuis 2021.
Quels sont les thématiques connexes traitées par ce poste ?
Le chargé de mission réseaux énergie traite 7 thématiques connexes couvrant l’ensemble du spectre de la transition écologique au sein des collectivités. Cette couverture large correspond aux exigences des PCAET et des programmes locaux de l’habitat.
- Rénovation thermique de l’habitat : accompagnement des propriétaires et des bailleurs sociaux dans les programmes de réhabilitation
- Mobilité décarbonée : déploiement des bornes de recharge électrique, flottes de véhicules propres
- Performance du patrimoine bâti public : audit énergétique des bâtiments communaux, DPE collectivités
- Gestion des déchets : valorisation énergétique des déchets organiques (biogaz, méthanisation)
- Préservation des ressources : eau, air, sol et biodiversité dans les projets d’implantation d’infrastructures énergétiques
- Économie de fonctionnalité : modèles d’usage partagé et de services énergétiques mutualisés
- Régulation des marchés : suivi des prix de l’énergie, protection des consommateurs et des entreprises publiques
Quelles sont les perspectives d’évolution de carrière ?
Les perspectives s’organisent autour de 4 trajectoires d’évolution identifiées dans la fonction publique : montée en responsabilité managériale, spécialisation technique, mobilité vers les opérateurs publics nationaux, et accès à des postes d’expertise auprès des instances nationales.
- Directeur de service énergie : pilotage d’une direction technique dans une grande collectivité (métropole, région)
- Chef de projet PCAET : coordination de l’ensemble des volets du plan climat à l’échelle intercommunale
- Expert énergie ADEME ou DGEC : mobilité vers les opérateurs et directions nationales de l’État
- Responsable énergie RTE ou Enedis : évolution vers le secteur des opérateurs de réseaux sous tutelle publique
La filière des réseaux électriques propose une palette de métiers depuis le bac professionnel jusqu’au bac+5, dans des fonctions d’études, d’ingénierie, d’exploitation, de maintenance, de qualité, de sécurité, d’environnement, de data, d’informatique, d’achats et de communication. Cette diversité structure des parcours de carrière pluridisciplinaires.
Quels sont les textes réglementaires encadrant les missions énergie dans les collectivités ?
Les missions du chargé de mission réseaux énergie s’inscrivent dans un cadre légal structuré par 5 textes fondamentaux adoptés entre 2015 et 2021, auxquels s’ajoutent les directives européennes transposées dans le droit national.
- Loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) : obligation de PCAET pour les EPCI de plus de 20 000 habitants
- Loi n°2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat : objectif neutralité carbone 2050, renforcement des obligations de rénovation énergétique
- Décret n°2016-849 du 28 juin 2016 relatif au plan climat-air-énergie territorial : contenu et procédure d’élaboration du PCAET
- Décret n°2019-949 du 10 septembre 2019 relatif aux obligations d’économies d’énergie des collectivités
- Code de l’énergie (articles L.100-1 et suivants) : principes généraux de la politique énergétique nationale
Sources officielles
Pour approfondir les informations sur le métier de chargé de mission réseaux énergie dans la fonction publique, les sources officielles suivantes sont recommandées :
- Loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique – Légifrance
- Les métiers de la fonction publique – DGAFP
- Recrutement dans la fonction publique territoriale – Service-Public.fr
- Fiche métier responsable de la transition énergétique – CNFPT
- Offres d’emploi public énergie – Choisir le Service Public
Article mis à jour le 4 mai 2026.