Fiche metier charge de mission biodiversite dans les collectivites

Le chargé de mission biodiversité dans les collectivités est un agent de la fonction publique territoriale dédié à la préservation et à la restauration des écosystèmes locaux. Il pilote la déclinaison territoriale de la Stratégie nationale biodiversité 2030 publiée en novembre 2023, qui prévoit la protection de 30 % du territoire national. Plus de 4 200 communes et 1 100 EPCI emploient au moins un chargé de mission biodiversité selon l’OFB.

Quelles sont les missions du chargé de mission biodiversité ?

Le chargé de mission biodiversité conçoit et anime la politique de préservation des espèces et habitats naturels du territoire de la collectivité. Il élabore les plans d’action, coordonne les acteurs locaux et suit les indicateurs de biodiversité.

4 missions principales :

  • Élaboration de l’atlas de la biodiversité communale (ABC) : recensement des espèces et milieux, en lien avec les associations naturalistes.
  • Animation des politiques contractuelles : Natura 2000, parcs naturels régionaux, sites classés.
  • Conseil aux directions opérationnelles : urbanisme, voirie, espaces verts pour intégrer la biodiversité dans les projets.
  • Sensibilisation et éducation : grand public, scolaires, agents, élus.

Quel est le statut du chargé de mission biodiversité ?

Le chargé de mission biodiversité relève du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux ou des attachés territoriaux, catégorie A de la FPT. Selon la spécialité, il peut être ingénieur (filière technique) ou attaché (filière administrative spécialité animation).

Cadre d’emplois Filière Diplôme Spécialité concours
Ingénieur territorial Technique Master 2 ou diplôme d’ingénieur Biologie, écologie, agronomie
Attaché territorial Administrative Master 2 (Bac+5) Animation, environnement
Technicien territorial Technique BTSA, DUT GPN, gestion eau, agronomie
Conservateur du patrimoine Culturelle Master 2 + concours Sciences naturelles, parcs

Comment devenir chargé de mission biodiversité ?

L’accès au métier se fait par concours externe (master 2 ou diplôme d’ingénieur) ou par recrutement contractuel sur poste vacant. Les profils recherchés ont une formation initiale en biologie de la conservation, écologie, agronomie environnementale ou génie écologique.

Les diplômes les plus représentés en 2024 :

  • Master Biologie-Écologie-Évolution (université, parcours « Biodiversité, Écologie, Évolution »).
  • Master Gestion de l’environnement spécialité « Biodiversité et écosystèmes ».
  • Diplôme d’ingénieur agronome (AgroParisTech, Bordeaux Sciences Agro).
  • Master IEGB (Ingénierie en Écologie et Gestion de la Biodiversité, Montpellier).

Quelle est la rémunération d’un chargé de mission biodiversité ?

L’ingénieur territorial débute à 1 990 € brut mensuel (IM 405) et peut atteindre 4 800 € brut en fin de carrière (IM 988). Le RIFSEEP représente une part complémentaire de 350 à 1 200 € mensuels selon les collectivités et la complexité des missions.

Grade Indice majoré début Indice majoré fin Traitement brut
Ingénieur territorial 405 673 1 990 € à 3 312 €
Ingénieur principal 566 835 (HEA) 2 786 € à 4 110 €
Ingénieur hors classe 657 HEC 3 234 € à 4 800 €+
Ingénieur en chef 500 988 2 461 € à 4 864 €

Quels sont les outils et programmes mobilisés ?

Le chargé de mission biodiversité s’appuie sur 4 programmes nationaux structurants : Natura 2000, ABC (atlas de la biodiversité communale), TVB (trame verte et bleue), aires protégées. L’OFB pilote la mise en cohérence des dispositifs au niveau national depuis 2020.

Les principaux dispositifs en 2024 :

  • Natura 2000 : 1 763 sites en France couvrant 12,9 % du territoire terrestre (source : OFB).
  • Atlas de la biodiversité communale (ABC) : 1 200 communes engagées, soutien financier OFB jusqu’à 80 % des coûts.
  • Trame verte et bleue (TVB) : continuités écologiques inscrites dans les SRADDET et SCoT.
  • Aires protégées : objectif 30 % du territoire dont 10 % en protection forte d’ici 2030.

Quel est le cadre juridique applicable ?

La loi pour la reconquête de la biodiversité n° 2016-1087 du 8 août 2016 a créé l’Office français de la biodiversité (OFB) et imposé le triptyque ERC (Éviter-Réduire-Compenser) à tous les projets d’aménagement. La Stratégie nationale biodiversité 2030 publiée en novembre 2023 décline 40 mesures opérationnelles.

Texte Date Apport principal
Loi Biodiversité 8 août 2016 Création OFB, séquence ERC
Loi Climat et Résilience 22 août 2021 ZAN, désimperméabilisation
Stratégie Nationale Biodiversité 2030 27 novembre 2023 40 mesures, 30 % aires protégées
Règlement européen restauration nature 17 juin 2024 Restauration 20 % d’écosystèmes d’ici 2030

Quels sont les défis 2024-2025 ?

Le ZAN (zéro artificialisation nette) inscrit à l’article 191 de la loi Climat et Résilience oblige les collectivités à réduire de 50 % leur consommation d’espaces naturels d’ici 2031. Cette obligation constitue le défi majeur des chargés de mission biodiversité, qui doivent accompagner les services urbanisme dans la mise en compatibilité des PLU.

3 axes prioritaires :

  • Cartographie des continuités écologiques sur le territoire de l’EPCI.
  • Compensation écologique des projets impactants (mesures ERC).
  • Désimperméabilisation des espaces publics, cours d’écoles, parkings.

Quelles évolutions de carrière ?

Le chargé de mission biodiversité peut évoluer vers des fonctions de directeur environnement, directeur du développement durable ou chef de service écologie. Les passerelles vers l’OFB, les agences régionales de la biodiversité ou les parcs nationaux sont fréquentes.

  • Chef de service environnement : EPCI ou conseil départemental.
  • Directeur de l’environnement : grandes collectivités, métropoles.
  • Conservateur de réserve naturelle : OFB, parcs nationaux.
  • Animateur Natura 2000 : opérateur de site, parc naturel régional.

Sources officielles

Article mis à jour le 4 mai 2026.