Le chargé de mission mobilité durable conçoit et déploie la politique de transport d’une collectivité territoriale, en cohérence avec la loi LOM du 24 décembre 2019. Il intervient sur 5 leviers : transports publics, modes actifs, covoiturage, autopartage, ZFE. Le métier est accessible par concours d’attaché territorial (catégorie A) ou par contrat sur la base d’un Bac+5.
Quel est le rôle d’un chargé de mission mobilité durable ?
Le chargé de mission mobilité durable conçoit, anime et évalue les politiques de mobilité d’une collectivité territoriale. Il agit en lien avec les usagers, les opérateurs de transport (SNCF, Keolis, Transdev, RATP Dev) et les services techniques internes (voirie, urbanisme, environnement).
Le métier figure dans le répertoire des métiers du CNFPT sous le code D4/01/02 « Chargé ou chargée de projet mobilité durable ». La loi LOM (loi d’orientation des mobilités n° 2019-1428 du 24 décembre 2019) a confié à toutes les communes ou EPCI la compétence d’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) au 1er juillet 2021. 8 100 communes étaient AOM au 1er janvier 2024 selon le rapport du Cerema.
Quelles missions opérationnelles ?
- Élaboration du plan de mobilité : diagnostic territorial, scénarios prospectifs, plan d’action 5 à 10 ans.
- Pilotage du réseau de transport public : conventions DSP avec opérateurs, tarification solidaire.
- Déploiement du plan vélo : pistes cyclables, stationnement, services vélo (location, réparation).
- Animation du covoiturage : aires de covoiturage, plateformes locales (Karos, BlaBlaDaily, Klaxit).
- Mise en œuvre des ZFE : zones à faibles émissions dans les agglomérations > 150 000 habitants.
- Évaluation et reporting : enquêtes ménages déplacements, observatoire de la mobilité.
Quel cadre d’emplois pour ce métier ?
Le chargé de mission mobilité durable relève du cadre d’emplois des attachés territoriaux (catégorie A) ou des ingénieurs territoriaux (catégorie A). Le poste peut être pourvu sur contrat de droit public en application de l’article L332-8 du Code général de la fonction publique.
Quels cadres d’emplois sont possibles ?
| Cadre d’emplois | Catégorie | Filière | Décret |
|---|---|---|---|
| Attaché territorial | A | Administrative | Décret n° 87-1099 du 30/12/1987 |
| Ingénieur territorial | A | Technique | Décret n° 2016-201 du 26/02/2016 |
| Ingénieur en chef territorial | A+ | Technique | Décret n° 2016-200 du 26/02/2016 |
| Rédacteur territorial (poste B) | B | Administrative | Décret n° 2012-924 du 30/07/2012 |
| Contractuel droit public | — | — | Article L332-8 CGFP |
L’attaché territorial est l’option majoritaire pour un poste à dominante stratégique et politique. L’ingénieur territorial est privilégié pour les postes intégrant l’expertise technique (génie urbain, modélisation des déplacements). 47 % des chargés de mission mobilité sont contractuels selon une enquête FNAUT 2023.
Quelle rémunération ?
Un attaché territorial débute sa carrière avec un traitement indiciaire brut mensuel de 2 002,86 € (indice majoré 390 × valeur du point 5,1356 € au 1er janvier 2024). Le RIFSEEP (régime indemnitaire) ajoute 200 à 800 € mensuels selon la collectivité et le groupe de fonctions. La rémunération mensuelle brute totale s’établit entre 2 600 € et 3 400 € en début de carrière.
Quel cadre légal pour la mobilité durable ?
4 textes structurent l’action territoriale en mobilité : loi LOM 2019, loi Climat et Résilience 2021, loi LAURE 1996, code des transports.
Quels textes appliquer ?
| Texte | Date | Apport principal |
|---|---|---|
| Loi LAURE | 30 décembre 1996 | Plan de déplacements urbains (PDU) obligatoire > 100 000 hab |
| Loi MAPTAM | 27 janvier 2014 | Métropoles, AOTU étendues |
| Loi LOM | 24 décembre 2019 | Compétence mobilité généralisée, plan de mobilité (PDM) |
| Loi Climat et Résilience | 22 août 2021 | ZFE, fin véhicules thermiques 2035, plan vélo |
| Code des transports | Refonte 2010 | Autorités organisatrices de la mobilité (AOM) |
Quelles compétences attendues ?
Le chargé de mission mobilité durable mobilise 4 blocs de compétences : technique transport, gestion de projet, juridique et financier, animation territoriale.
Compétences techniques transport
- Modélisation des déplacements : enquêtes ménages, modèles 4 étapes, outils Cube, Visum, Davisum.
- Connaissance des modes : bus, BHNS, tramway, métro, vélo, covoiturage, autopartage.
- Aménagement : plans de circulation, schémas cyclables, lecture de plans VRD.
- Tarification : tarification solidaire, tarification intermodale, billettique.
- Politiques d’apaisement : zones 30, zones de rencontre, piétonnisation.
Outils et logiciels métier
| Outil | Usage |
|---|---|
| QGIS / ArcGIS | Cartographie SIG, analyse spatiale |
| Visum / Cube / Davisum | Modélisation des déplacements |
| STRMTG, Cerema | Bases de données réglementaires |
| Plateformes data mobilité | OpenData transport.data.gouv.fr |
| Suite bureautique avancée | Excel, Power BI pour tableaux de bord |
Quelles formations préparent au métier ?
5 parcours universitaires forment au métier : ingénierie des transports, urbanisme et aménagement, sciences sociales appliquées aux transports, géographie urbaine, sciences politiques.
Quelles formations diplômantes ?
| Formation | Niveau | Établissement |
|---|---|---|
| Master Transport et Mobilités (TRANSMOB) | Bac+5 | École d’urbanisme de Paris, IFSTTAR |
| Master Urbanisme et aménagement | Bac+5 | Sciences Po, Paris-Est, Lyon, Aix |
| Diplôme d’ingénieur ENPC, ENTPE | Bac+5 | École des Ponts, ENTPE Lyon |
| Master 2 Politiques de transport | Bac+5 | UPEM, Cnam, Lyon 2 |
| Mastère spécialisé Mobilités urbaines | Bac+6 | ENPC, AgroParisTech |
Le CNFPT propose un itinéraire de professionnalisation « Politiques publiques de mobilité » de 14 jours dispensé dans 3 instituts régionaux (Paris, Lyon, Marseille). Il est gratuit pour les agents territoriaux.
Quels enjeux structurants en 2024-2030 ?
5 enjeux structurent l’action des chargés de mission mobilité : transition énergétique des flottes, accessibilité PMR, intermodalité, ruralité, financement.
Tableau des enjeux et indicateurs cibles
| Enjeu | Indicateur | Cible 2030 |
|---|---|---|
| Part modale vélo | % des déplacements quotidiens à vélo | 9 % (vs 3 % en 2019) |
| ZFE actives | Nombre d’agglos avec ZFE > 150 000 hab | 43 |
| Bornes recharge électrique | Bornes publiques accessibles | 400 000 |
| Flotte bus zéro émission | % bus urbains à hydrogène ou électrique | 50 % |
| Pistes cyclables continues | km de réseau structurant | 100 000 |
Le plan vélo et marche 2023-2027 dote la France d’un budget de 2 milliards d’euros, dont 250 millions pour le « savoir rouler à vélo » à l’école et 750 millions pour les infrastructures locales (Fonds mobilités actives).
Quelles évolutions de carrière ?
3 trajectoires d’évolution principales : direction d’un service mobilité, expertise nationale, carrière dans le privé ou en bureau d’études.
- Directeur du service mobilité : après 5 à 8 ans, accès au cadre d’emplois des attachés principaux ou ingénieurs principaux.
- Direction générale adjointe : DGA en charge des mobilités dans une métropole ou un département.
- Expertise au Cerema, Ademe ou ministère : par voie de détachement.
- Bureau d’études : Egis, Systra, Transitec, Inddigo, Trans-missions.
- Opérateur de transport : RATP Dev, Keolis, Transdev, SNCF.
Sources officielles
- Loi LOM n° 2019-1428 du 24 décembre 2019
- Loi Climat et Résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021
- Cerema — Expertises Mobilités
- ADEME — Politique de mobilité durable
- CNFPT — Métiers et formations mobilité territoriale
Article mis à jour le 4 mai 2026.