Fiche métier : chargé de projet environnement et développement durable dans la fonction publique

TL;DR : Le chargé de projet environnement et développement durable est un agent de catégorie A, rattaché à la filière technique de la fonction publique territoriale, dans le cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux. 140 000 emplois sont directement liés à la protection de l’environnement en France, et près de 4 millions de postes « verdissants » intègrent désormais des compétences environnementales. Depuis 2025, l’État a généralisé la formation à la transition écologique à l’ensemble de ses 2,5 millions d’agents publics.

Qu’est-ce qu’un chargé de projet environnement et développement durable dans la fonction publique ?

Le chargé de projet environnement et développement durable coordonne et contrôle la mise en œuvre des politiques environnementales d’une collectivité territoriale. Il intervient sous la responsabilité du directeur environnement sur des projets précis, dans le respect de la réglementation et des valeurs définies par les élus.

Ce poste appartient à la filière technique de la fonction publique territoriale (FPT). Selon la taille de la collectivité, il peut être confié à un ingénieur territorial ou à un technicien supérieur.

Ce métier cumule 3 dimensions complémentaires :

  • Des missions techniques : conception, études d’impact, suivi de terrain.
  • Des missions administratives et réglementaires : respect des normes environnementales, contrôle des procédures.
  • Des missions de pilotage : animation d’équipe, coordination avec prestataires et partenaires.

Autres appellations officielles reconnues : chargé de projet environnemental, chargé de projet de la politique du développement durable, responsable du développement durable.

Quelles sont les missions principales de ce poste ?

Le chargé de projet environnement met en œuvre les politiques de développement durable de la collectivité, planifie les phases des projets, respecte les calendriers et budgets, et évalue les résultats à chaque étape.

Les missions se décomposent en 5 grands axes :

  1. Pilotage de projet : planifier, organiser et contrôler l’avancement des projets environnementaux (efficacité énergétique, gestion des déchets, qualité de l’air et de l’eau).
  2. Élaboration de stratégies : concevoir des plans d’action développement durable alignés sur les objectifs de la collectivité.
  3. Suivi et évaluation : établir des indicateurs de performance environnementale, mesurer l’impact des projets.
  4. Coordination interne : travailler avec les différents services (urbanisme, bâtiments, transports, commande publique).
  5. Communication externe : représenter la collectivité auprès des médias, gouvernements locaux et communautés, porter les engagements environnementaux en externe.

Il assure également la gestion des ressources matérielles et humaines mobilisées pour chaque projet.

Dans quel cadre statutaire s’inscrit ce métier ?

Le chargé de projet environnement et développement durable relève de la catégorie A de la fonction publique territoriale, filière technique, dans le cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux. Il peut également être exercé par un technicien supérieur territorial (catégorie B) dans les petites structures.

Positionnement statutaire du chargé de projet environnement
Paramètre Valeur
Versant de la fonction publique Fonction publique territoriale (FPT)
Catégorie A (et B selon la collectivité)
Filière Technique
Cadre d’emplois principal Ingénieur territorial
Cadre d’emplois alternatif Technicien territorial (petites collectivités)
Autorité hiérarchique directe Directeur environnement et développement durable
Employeurs principaux Communes, intercommunalités, départements, régions

Depuis 2025, la transition écologique est reconnue comme une compétence transversale obligatoire au sein des trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière). Ce cadre consolide la légitimité institutionnelle du poste.

Quelles compétences sont requises pour exercer ce métier ?

Le chargé de projet environnement doit maîtriser à la fois les enjeux du développement durable, les méthodes de gestion de projet et les outils d’analyse de données environnementales. Ces 6 compétences clés sont identifiées par les employeurs publics.

  • Connaissance des normes environnementales : réglementations européennes (directive-cadre sur l’eau, directive déchets), droit national de l’environnement, Agenda 2030 de l’ONU.
  • Élaboration de stratégies : concevoir des plans d’action développement durable intégrés aux politiques de la collectivité.
  • Gestion de projet : planifier les phases, tenir les délais, gérer les budgets, coordonner les prestataires.
  • Analyse de données : suivre des indicateurs de performance (empreinte carbone, consommation énergétique, taux de valorisation des déchets).
  • Communication : mobiliser les parties prenantes internes et externes, rédiger des rapports d’activité, animer des réunions publiques.
  • Conduite du changement : sensibiliser les agents et les élus aux pratiques éco-responsables, accompagner les évolutions organisationnelles.

La COP30, organisée à Belém au Brésil en novembre 2025, a rappelé que la réussite de la transition écologique dépend directement de la capacité des administrations à transformer leurs pratiques internes.

Quels sont les domaines d’intervention concrets de ce poste ?

Le chargé de projet environnement intervient sur 5 champs thématiques majeurs directement liés aux compétences des collectivités territoriales : énergie, eau, déchets, biodiversité et mobilités durables.

  • Efficacité énergétique : rénovation des bâtiments publics, plan de sobriété énergétique, développement des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, géothermie).
  • Gestion de l’eau : suivi de la qualité des eaux superficielles et souterraines, animation de contrats de rivière, prévention des risques d’inondation.
  • Gestion des déchets : les trois quarts des emplois environnementaux se concentrent dans le traitement et la gestion de l’eau et des déchets. Plans de prévention, tri, valorisation matière et énergétique.
  • Biodiversité : plans locaux de biodiversité, trames vertes et bleues, gestion des espaces naturels sensibles.
  • Mobilités durables : plans de déplacements urbains, promotion du vélo, covoiturage, transports en commun à faibles émissions.

Ces domaines correspondent directement aux missions des collectivités définies par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), notamment en matière de compétences eau, déchets et aménagement.

Quelle formation permet d’accéder à ce poste ?

L’accès au cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux se fait par concours externe, interne ou troisième concours. La formation initiale requise est généralement un diplôme de niveau Bac+5 en ingénierie de l’environnement, développement durable, ou écologie.

Parcours de formation et voies d’accès
Niveau Formation / diplôme Voie d’accès
Bac+5 Master environnement, écologie, développement durable Concours externe ingénieur territorial
Bac+5 École d’ingénieurs (génie de l’environnement, génie civil) Concours externe ingénieur territorial
Bac+3 Licence professionnelle environnement Concours technicien territorial (cat. B)
Agent en poste Formation continue CNFPT (transition écologique) Concours interne ou promotion interne
Expérience professionnelle 10 ans d’activité dans le secteur Troisième concours

Le CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) propose depuis 2025 des modules spécifiques sur la transition écologique, intégrés au parcours obligatoire de formation des agents de l’État et des collectivités.

Quel est le niveau de rémunération pour ce poste ?

La rémunération du chargé de projet environnement et développement durable suit la grille indiciaire des ingénieurs territoriaux (catégorie A). Elle varie selon le grade, l’échelon et les primes versées par la collectivité.

  • Ingénieur territorial (grade de base, catégorie A) : rémunération brute de départ autour de 1 900 à 2 200 € brut/mois, en fonction de l’indice de début de carrière.
  • Ingénieur hors classe : rémunération pouvant atteindre 3 500 à 4 000 € brut/mois en fin de carrière.
  • Primes et indemnités : régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP), variable selon les collectivités.

Les collectivités de grande taille (grandes métropoles, conseils régionaux) proposent généralement des niveaux de rémunération supérieurs. La grille complète est consultable sur le site de la DGAFP et des CDG (centres de gestion).

Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce secteur ?

Le secteur de l’environnement et du développement durable n’a jamais autant recruté. 140 000 emplois sont directement liés à la protection de l’environnement, et 4 millions de postes « verdissants » intègrent désormais des compétences environnementales dans l’ensemble de l’économie.

Dans la fonction publique, plusieurs facteurs structurent cette dynamique :

  • La loi Climat et Résilience de 2021 a renforcé les obligations des collectivités en matière de transition écologique.
  • Les plans de relance successifs (France Relance 2020, France 2030) ont injecté plusieurs milliards d’euros dans la rénovation énergétique et la biodiversité.
  • Le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE) dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants crée des besoins en ingénierie environnementale.
  • Les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, géothermie, énergie marine) représentent déjà 100 000 emplois et continuent de progresser.

La transition écologique est désormais une compétence transversale qui irrigue toutes les missions publiques, renforçant la légitimité et la visibilité de ce poste dans les organigrammes des collectivités.

Avec quels acteurs ce professionnel collabore-t-il ?

Le chargé de projet environnement travaille en interface permanente avec 7 types d’acteurs internes et externes à la collectivité.

  • Élus : traduire les orientations politiques en projets opérationnels.
  • Direction générale des services : rendre compte de l’avancement, aligner les priorités budgétaires.
  • Services techniques internes : voirie, bâtiments, eau et assainissement, espaces verts.
  • Prestataires et bureaux d’études : piloter les marchés publics environnementaux.
  • État et agences : ADEME (Agence de la transition écologique), Agences de l’eau, DREAL (Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement).
  • Intercommunalités et autres collectivités : coordination sur des projets de territoire (PCAET, SCOT, PLUi).
  • Citoyens et associations : concertation publique, animation de démarches participatives.

Ces interactions multiples exigent des compétences relationnelles solides, en particulier la capacité à mobiliser des réseaux d’acteurs hétérogènes autour d’objectifs partagés.

Quelles sont les évolutions de carrière possibles ?

Le chargé de projet environnement peut évoluer vers des postes à responsabilité accrue au sein de la fonction publique territoriale, de l’État ou des agences publiques spécialisées.

  • Directeur environnement et développement durable : pilotage stratégique de l’ensemble de la politique environnementale d’une collectivité.
  • Chef de service aménagement durable : coordination d’un service pluridisciplinaire.
  • Chargé de mission transition écologique au sein des services de l’État (préfectures, DREAL, ADEME).
  • Responsable RSE dans un établissement public ou une entreprise publique locale.
  • Inspecteur de l’environnement (corps spécialisé, nécessite un concours spécifique).

La promotion interne vers le grade d’ingénieur principal ou d’ingénieur hors classe est accessible après au moins 8 ans de services effectifs dans le cadre d’emplois, selon les conditions fixées par les statuts particuliers.

Quelles sont les questions fréquentes sur ce métier ?

Ce poste existe-t-il dans la fonction publique d’État et la fonction publique hospitalière ?

Oui. Des postes équivalents existent dans la fonction publique d’État (FPE), notamment au sein des DREAL, de l’ADEME et des ministères (Transition écologique, Agriculture). Dans la fonction publique hospitalière (FPH), des postes de chargé de mission développement durable existent dans les établissements de santé, notamment dans le cadre des plans de sobriété énergétique hospitalière.

Le télétravail est-il possible dans ce métier ?

Partiellement. Les missions de terrain (suivi de chantier, contrôle environnemental, animation de réunions publiques) ne sont pas compatibles avec le télétravail. En revanche, les tâches de rédaction, d’analyse de données et de coordination administrative peuvent se pratiquer en distanciel, conformément au décret n°2021-1223 du 26 septembre 2021 sur le télétravail dans la fonction publique.

Faut-il un permis de conduire pour exercer ce métier ?

Le permis B est fortement recommandé. Les déplacements sur les sites de projet, les visites de terrain et les réunions partenariales avec d’autres collectivités ou services de l’État nécessitent régulièrement l’usage d’un véhicule de service.

Ce métier est-il ouvert aux contractuels ?

Oui. En l’absence de lauréats de concours ou pour des besoins temporaires, les collectivités peuvent recruter des agents contractuels sur ce type de poste, conformément à l’article L332-8 du Code général de la fonction publique (CGFP), notamment sur des postes de niveau A nécessitant une expertise spécifique.

Sources officielles

Article mis à jour le 4 mai 2026.