Le conseiller mobilité carrière (CMC) accompagne les agents publics dans la construction de leur parcours professionnel. Le métier figure dans le répertoire CNFPT sous le code A3/02/06 et concerne les 3 versants de la fonction publique : État, territoriale et hospitalière.
Quel est le rôle d’un conseiller mobilité carrière dans le public ?
Le conseiller mobilité carrière conduit les entretiens de bilan professionnel et accompagne les projets de mobilité interne ou externe des agents publics. Sa mission s’inscrit dans la politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) instaurée par la circulaire DGAFP du 21 décembre 2009 et confirmée par les lignes directrices de gestion (LDG) issues du décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019.
Le métier figure dans le répertoire des métiers du CNFPT, qui recense plus de 250 fiches métiers, sous le code A3/02/06 « Conseiller mobilité et parcours professionnels ». Il existe également au sein de la fonction publique de l’État via le Réseau Interministériel des Conseillers Mobilité Carrière (RICMC) animé par la DGAFP depuis 2007.
Quelles missions le CMC exerce-t-il au quotidien ?
Le CMC intervient sur 6 missions principales :
- Entretiens de carrière : 1 à 3 séances individuelles de 1h30 par agent.
- Élaboration de projets professionnels : appui à la rédaction du projet, identification des leviers (formation, immersion, validation des acquis).
- Bilan de compétences : prescription via le compte personnel de formation (CPF) ou via prestataires agréés.
- Accompagnement des reconversions : restructurations, suppressions de postes, inaptitudes médicales.
- Mise en relation : avec les directions employeuses et les viviers de mobilité.
- Animation de la GPEEC : observation des emplois, cartographie des compétences, plans pluriannuels.
Le suivi de chaque agent dure de 6 à 18 mois selon le projet. Les CMC interministériels accompagnent en moyenne 80 à 120 agents par an, selon le bilan 2022 du RICMC.
Quel est le cadre d’emploi du conseiller mobilité dans la FPT ?
Le conseiller mobilité relève de 3 cadres d’emplois : attaché territorial (A), psychologue territorial (A) ou rédacteur territorial (B). Le poste peut également être pourvu par contrat de droit public en application de l’article L332-8 du Code général de la fonction publique.
Quels cadres d’emplois sont possibles ?
| Cadre d’emplois | Catégorie | Filière | Décret de référence |
|---|---|---|---|
| Attaché territorial | A | Administrative | Décret n° 87-1099 du 30/12/1987 |
| Psychologue territorial | A | Médico-sociale | Décret n° 92-853 du 28/08/1992 |
| Rédacteur territorial | B | Administrative | Décret n° 2012-924 du 30/07/2012 |
| Conseiller socio-éducatif territorial | A | Sociale | Décret n° 2017-901 du 09/05/2017 |
| Contractuel droit public | — | — | Article L332-8 CGFP |
Le cadre d’emplois des attachés territoriaux représente 68 % des CMC selon l’enquête CNFPT 2022 sur les métiers RH territoriaux. Le passage par la filière médico-sociale (psychologue) est plus fréquent dans les centres de gestion (CDG) et les grandes collectivités disposant d’une cellule d’accompagnement spécialisée.
Quelle rémunération pour ce poste ?
Le traitement indiciaire brut d’un attaché territorial débute à 2 002,86 € au 1er janvier 2024 (indice majoré 390 × valeur du point 5,1356 €). Avec le RIFSEEP, la rémunération mensuelle brute atteint en moyenne 2 600 € à 3 200 € en début de carrière, selon la strate démographique. Les CMC interministériels relèvent du corps des attachés d’administration de l’État (catégorie A) avec une grille proche.
Quelles sont les voies d’accès au métier ?
3 voies principales mènent au métier de CMC : concours (externe, interne, 3e voie), recrutement direct sur contrat, et mobilité interne après expérience RH. 78 % des CMC ont exercé un autre métier RH avant d’accéder à ce poste, selon l’enquête DGAFP 2022.
Quels concours préparer ?
| Concours | Versant | Niveau requis | Organisateur |
|---|---|---|---|
| Attaché territorial spécialité GRH | FPT | Bac+3 (externe) | CDG / CNFPT |
| Rédacteur territorial | FPT | Bac (externe) | CDG |
| IRA spécialité administration | FPE | Bac+3 (externe) | 5 IRA (Bastia, Lille, Lyon, Metz, Nantes) |
| Attaché d’administration de l’État | FPE | Bac+3 | Ministères |
| Adjoint des cadres hospitaliers | FPH | Bac | CHU et établissements |
Le concours d’attaché territorial reste la voie majoritaire en FPT, avec un taux de sélectivité de 1 admis pour 12 candidats en moyenne sur la session 2023 (source FNCDG). Les épreuves portent sur la note administrative, la culture territoriale et un oral de 25 minutes.
Quelles formations spécifiques préparent au métier ?
5 parcours universitaires préparent directement au CMC :
- Master 2 GRH dans la fonction publique : université Paris-Dauphine, Aix-Marseille, Lyon 3.
- Master 2 psychologie du travail et des organisations : 23 universités en France.
- Master 2 conseil en évolution professionnelle : CNAM, Paris Nanterre.
- Diplôme d’État de conseiller en évolution professionnelle : France compétences, niveau 6.
- Formation continue CNFPT : itinéraire « Conseiller mobilité parcours professionnels » de 12 jours.
L’INET (Institut national des études territoriales) propose également un cycle court « Pilotage des parcours professionnels » pour les administrateurs territoriaux et attachés principaux.
Quelles compétences sont attendues ?
Le métier exige 4 blocs de compétences : technique RH (statut, droit, paie), entretien et écoute active, ingénierie de formation, conduite de projet GPEEC. Le référentiel CNFPT publié en 2021 identifie 32 compétences cibles regroupées en 4 domaines.
Quelles compétences techniques maîtriser ?
| Domaine | Compétence clé | Source légale |
|---|---|---|
| Statut | CGFP, décrets statutaires des 250 cadres d’emplois | Code général de la fonction publique 2022 |
| Mobilité | Détachement, mise à disposition, intégration directe | Articles L512-1 et suivants CGFP |
| Formation | CPF, VAE, bilan de compétences | Décret n° 2017-928 du 06/05/2017 |
| Reclassement | Période de préparation au reclassement (PPR) | Décret n° 2019-172 du 05/03/2019 |
| Numérique RH | SIRH, simulateurs de carrière, applicatifs MAIA | Outils ministériels et éditeurs (Cegid, Berger-Levrault) |
Les compétences relationnelles incluent l’écoute active, la reformulation, la gestion de l’émotion, la médiation et le respect de la confidentialité. Le code de déontologie du conseil en évolution professionnelle (CEP) publié par France compétences en 2019 sert de référence éthique.
Quels outils logiciels utiliser ?
- SIRH territoriaux : Berger-Levrault E-Magnus, Cegid Yourcegid, GFI Astre RH.
- Plateformes mobilité État : Place de l’emploi public (PEP), MAPS interministériel.
- Plateformes FPT : Cap Territorial (FNCDG), Emploi-territorial.fr.
- Outils CEP : MonCompteFormation, ParcourSup pour reconversion vers la formation.
- Tests psychotechniques : MBTI, SOSIE, Talent Q (selon habilitation).
Quels sont les enjeux du métier en 2025 ?
Le CMC répond à 4 enjeux structurants : pénurie de compétences sur certains métiers, vieillissement des effectifs, transition écologique, transformation numérique. Le rapport DGAFP « Faits et chiffres 2023 » signale que 25 % des agents publics auront plus de 55 ans en 2030.
Quels métiers sont en tension dans la FPT ?
| Métier | Filière | Cause de tension |
|---|---|---|
| Médecin territorial | Médico-sociale | Démographie médicale, écart de rémunération avec le privé |
| Ingénieur en chef | Technique | Concurrence privée sur transition écologique |
| Secrétaire de mairie | Administrative | Petites communes, polyvalence exigée |
| Auxiliaire de puériculture | Médico-sociale | Conditions de travail, rémunération de catégorie C |
| Cuisinier collectivité | Technique | Métier physique, recrutement difficile en restauration scolaire |
Le baromètre HoRHizons 2024 (FNCDG, AMF, CNFPT) recense 33 métiers en tension dans la FPT. Le CMC contribue à fluidifier les passerelles entre filières, notamment via la 3e voie de concours et la promotion interne.
Comment le CMC accompagne-t-il les restructurations ?
Lors d’une suppression de poste, le CMC met en œuvre un parcours en 5 étapes :
- Information de l’agent dans un délai de 6 mois avant la suppression effective.
- Bilan professionnel : 1 à 3 entretiens, identification des compétences transférables.
- Période de préparation au reclassement (PPR) : 1 an renouvelable une fois (décret n° 2019-172).
- Plan de formation : 80 à 200 heures financées par l’employeur ou via le CPF.
- Repositionnement : sur poste vacant ou via détachement dans une autre collectivité.
Quelles évolutions de carrière pour un CMC ?
Après 5 à 8 ans, un CMC peut accéder à 4 fonctions d’évolution : responsable GPEEC, chef de service mobilité, directeur des ressources humaines (DRH) ou consultant indépendant. La promotion interne au cadre d’emplois supérieur (attaché principal, conseiller socio-éducatif principal) constitue le parcours classique.
Les centres de gestion (CDG) recrutent également des CMC seniors pour animer leurs missions facultatives auprès des collectivités affiliées. La FNCDG recense 96 CDG départementaux en France au 1er janvier 2024.
Sources officielles
- CNFPT — Fiche métier conseiller mobilité et parcours professionnels (A3/02/06)
- DGAFP — Le conseil en mobilité-carrière dans les services de l’État
- Décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 (lignes directrices de gestion)
- Décret n° 2019-172 du 5 mars 2019 (période de préparation au reclassement)
- Choisir le service public — Conseiller mobilité carrière
Article mis à jour le 4 mai 2026.