Le gynécologue de la fonction publique hospitalière (FPH) est un praticien hospitalier titulaire qui exerce dans un établissement public de santé. Il dépend du statut des praticiens hospitaliers fixé par le décret n° 84-131 du 24 février 1984. Sa rémunération brute débute à environ 4 500 € mensuels et peut dépasser 11 000 € en fin de carrière, hors gardes et astreintes.
Quelle est la mission d’un gynécologue dans la fonction publique hospitalière ?
Le gynécologue praticien hospitalier exerce 3 missions principales : soins, enseignement et recherche. Il assure le suivi gynécologique, obstétrical et chirurgical des patientes au sein d’un Centre Hospitalier (CH), Centre Hospitalier Universitaire (CHU) ou Centre Hospitalier Régional (CHR). Il participe aux gardes, à la formation des internes et aux activités de recherche clinique.
Deux spécialités sont reconnues : la gynécologie médicale (suivi, contraception, ménopause, infertilité) et la gynécologie-obstétrique (accouchements, chirurgie pelvienne, oncologie gynécologique). Cette dernière représente la majorité des postes en milieu hospitalier public.
Quelles sont les activités quotidiennes d’un gynécologue hospitalier ?
L’activité hebdomadaire d’un gynécologue PH se répartit habituellement comme suit :
- Consultations programmées (10 demi-journées par semaine en moyenne) : suivi de grossesse, dépistage, consultations spécialisées (PMA, oncogynécologie).
- Bloc opératoire : 2 à 3 vacations hebdomadaires (césariennes, hystérectomies, cœlioscopies).
- Salle de naissance : suivi des accouchements, accouchements pathologiques, urgences obstétricales.
- Gardes et astreintes : 4 à 6 par mois, rémunérées en plus du traitement de base.
- Réunions pluridisciplinaires (RCP) : décisions thérapeutiques en cancérologie pelvienne.
- Encadrement des internes, externes et sages-femmes.
Quelle formation pour devenir gynécologue dans la FPH ?
La formation totale dure entre 11 et 12 ans après le baccalauréat, comprenant le 1er cycle (PASS/LAS + 2 ans), le 2e cycle (3 ans, externat) et le 3e cycle (DES de gynécologie médicale ou gynécologie-obstétrique, 4 à 5 ans).
Quel est le parcours universitaire détaillé ?
| Étape | Durée | Diplôme obtenu |
|---|---|---|
| PASS / LAS | 1 an | Accès en 2e année médecine |
| 2e et 3e année (DFGSM) | 2 ans | Diplôme de formation générale en sciences médicales |
| 4e, 5e, 6e année (DFASM, externat) | 3 ans | Diplôme de formation approfondie |
| EDN (Examen Dématérialisé National) | Fin de 6e année | Classement national |
| DES Gynécologie médicale | 4 ans | Diplôme d’études spécialisées |
| DES Gynécologie obstétrique | 5 ans | Diplôme d’études spécialisées |
| Thèse d’exercice | Fin de DES | Doctorat en médecine |
L’accès au DES de gynécologie est très sélectif : environ 230 postes de gynécologie médicale et 190 postes de gynécologie-obstétrique offerts annuellement aux EDN. Le rang de classement détermine la spécialité et la subdivision géographique.
Comment devenir praticien hospitalier titulaire en gynécologie ?
L’accès au statut de praticien hospitalier (PH) titulaire passe par un concours national organisé par le Centre National de Gestion (CNG). Avant 2022, le concours comprenait deux types (type I et II) ; il a été remplacé par une procédure d’autorisation d’exercice et un recrutement direct par les établissements.
Quelles sont les étapes pour accéder au statut PH ?
Depuis le décret n° 2022-134 du 5 février 2022, le parcours type est :
- Inscription au tableau de l’Ordre des médecins après obtention du DES.
- Recrutement direct par un établissement public de santé sur poste vacant publié au Journal officiel.
- Période probatoire de 1 an avec évaluation par la commission médicale d’établissement (CME).
- Titularisation par le directeur général du CNG sur proposition de l’établissement.
Les médecins étrangers (PADHUE) doivent obtenir une autorisation d’exercice via la procédure dite « de la liste A » et passer les Épreuves de Vérification des Connaissances (EVC) organisées chaque année.
Quelle est la rémunération d’un gynécologue PH ?
La grille de rémunération PH compte 13 échelons, du 1er au 13e, avec une progression d’environ 7 000 € bruts annuels entre chaque échelon. La grille a été revalorisée par le décret n° 2020-1022 (Ségur de la santé) avec création de 3 échelons supplémentaires en début de carrière.
Tableau de rémunération PH gynécologue 2025
| Échelon | Ancienneté requise | Brut mensuel (hors gardes) |
|---|---|---|
| 1er échelon | 0-2 ans | 4 504 € |
| 2e échelon | 2 ans | 5 091 € |
| 4e échelon | 6 ans | 6 233 € |
| 7e échelon | 13 ans | 7 698 € |
| 10e échelon | 22 ans | 9 553 € |
| 13e échelon | 32 ans | 11 232 € |
À cette rémunération de base s’ajoutent : indemnités de garde (264,73 € par garde de 24h), astreintes opérationnelles (44,12 € + temps additionnel rémunéré), prime d’engagement de carrière hospitalière (PECH) jusqu’à 30 000 € sur 3 ans, prime d’exercice territorial, prime de solidarité territoriale.
Quelles évolutions de carrière pour un gynécologue hospitalier ?
3 voies d’évolution sont possibles : l’évolution managériale (chef de service, président de CME), l’évolution universitaire (PU-PH, MCU-PH) et la spécialisation surspécialisée (PMA, oncologie, fœtopathologie).
Quels sont les statuts hospitalo-universitaires ?
- Maître de Conférences des Universités – Praticien Hospitalier (MCU-PH) : double activité de soins (CHU) et d’enseignement/recherche (université). Recrutement par le CNU.
- Professeur des Universités – Praticien Hospitalier (PU-PH) : niveau supérieur après habilitation à diriger des recherches (HDR) et concours national.
- Chef de service : nomination quinquennale par le directeur d’établissement après avis de la CME.
- Chef de pôle : management d’un pôle d’activité regroupant plusieurs services (obstétrique, gynécologie, néonatalogie, etc.).
Le cumul d’activité libérale dans un CHU est autorisé selon l’article R6154-1 du Code de la santé publique, dans la limite de 20 % du temps de travail et avec l’autorisation du directeur général.
Quelles sont les conditions de travail dans la FPH ?
La durée hebdomadaire de travail d’un PH est de 10 demi-journées (48h), organisée selon un tableau de service. Le temps additionnel (au-delà de 48h) est rémunéré sous forme d’indemnités de temps de travail additionnel ou récupéré en repos compensateurs.
Les gynécologues-obstétriciens cumulent souvent 60 à 70 heures hebdomadaires effectives en raison des gardes et astreintes. Cette charge explique partiellement les difficultés de recrutement : 25 % des postes de gynécologie-obstétrique sont vacants en France selon le rapport du CNG 2023.
Quels droits sociaux pour les PH ?
| Droit | Modalités |
|---|---|
| Congés annuels | 25 jours + jours de RTT |
| Congé maternité | 16 semaines (rémunérées 100 %) |
| Congé maladie | 3 mois plein traitement + 9 mois demi-traitement |
| Retraite | IRCANTEC + régime de base + retraite spécifique PH |
| Formation continue (DPC) | Obligatoire, financée |
| Mutation | Tableau national de mutation organisé par le CNG |
Quelles spécialisations attractives pour un gynécologue FPH ?
4 surspécialités sont particulièrement valorisées dans le secteur public : la médecine de la reproduction (PMA), l’oncologie gynécologique, la médecine fœtale et la chirurgie pelvienne mini-invasive. Chacune nécessite un Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires (DESC) ou une Formation Spécialisée Transversale (FST).
Sources officielles
- Décret n° 84-131 du 24 février 1984 (statut PH)
- Centre National de Gestion (CNG) — Praticiens hospitaliers
- Ministère de la Santé — Métiers de la santé
- Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF)
- Décret n° 2022-134 du 5 février 2022 — réforme statut PH.
Article mis à jour le 4 mai 2026.