Penitentiaire livraison de masques et suspension des parloirs

Le 17 mars 2020, l’administration pénitentiaire française a annoncé la suspension immédiate des parloirs dans l’ensemble des 188 établissements pénitentiaires en raison de la pandémie de Covid-19. La distribution de masques aux personnels et aux 70 651 personnes détenues alors recensées (chiffre DAP au 1er mars 2020) a constitué un défi logistique sans précédent dans l’histoire de la pénitentiaire.

Quelles décisions ont été prises au début de la crise sanitaire ?

L’ordonnance n° 2020-303 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles de procédure pénale a fixé le cadre exceptionnel de la gestion pénitentiaire pendant la crise. Elle a prolongé automatiquement les détentions provisoires, autorisé les libérations anticipées et suspendu les parloirs pour limiter les flux extérieurs.

Tableau de la chronologie des décisions sanitaires en milieu pénitentiaire

Date Décision Référence
17 mars 2020 Suspension immédiate des parloirs Note DAP du 17 mars 2020
20 mars 2020 Augmentation des crédits téléphoniques détenus 40 € offerts par détenu
25 mars 2020 Ordonnance n° 2020-303 — adaptation procédure pénale JORF n° 0074
30 mars 2020 Première vague de libérations anticipées Mesures DAP / parquets
11 mai 2020 Reprise progressive des parloirs (avec hygiaphone) Note DAP de déconfinement
15 juillet 2020 Levée des mesures exceptionnelles Décret n° 2020-860

Comment s’est déroulée la livraison de masques ?

La distribution de masques chirurgicaux et FFP2 a été progressive en raison des pénuries nationales. En mars-avril 2020, la France a connu une pénurie générale d’équipements de protection individuelle (EPI), forçant la pénitentiaire à arbitrer entre personnels en contact avec les détenus et personnels administratifs.

Selon les chiffres communiqués par la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) en mai 2020, environ 2 millions de masques chirurgicaux ont été livrés dans les établissements entre mars et mai 2020. Les premiers masques ont été distribués prioritairement aux personnels de surveillance et aux unités sanitaires.

Quelle a été la doctrine de port du masque en détention ?

Catégorie Type de masque Période
Surveillants en contact détenus Chirurgical (à partir d’avril 2020) Permanent
Personnels sanitaires UCSA FFP2 (gestes invasifs) Permanent
Personnels administratifs Chirurgical (à partir mai 2020) Bureau partagé
Détenus Chirurgical (à partir mai 2020) Promenade, parloir
Visiteurs (à partir juin 2020) Chirurgical fourni Pendant toute la visite

Quelles ont été les conséquences sur les détenus ?

La suspension des parloirs pendant 8 semaines (du 17 mars au 11 mai 2020) a eu des conséquences majeures sur le moral des détenus et sur leurs liens familiaux. Selon le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) dans son avis du 22 avril 2020, les détenus ont subi un isolement renforcé aggravant les risques psycho-sociaux.

Pour compenser, la DAP a mis en place 3 mesures :

  • 40 € de crédit téléphonique gratuit par détenu pour conserver le lien avec les proches.
  • Visioconférences expérimentales entre détenus et familles, déployées dans une centaine d’établissements.
  • Suspension du paiement de la cantine pour les détenus indigents.

Combien de personnes détenues ont été libérées par anticipation ?

Selon la DAP, 13 500 personnes détenues ont été libérées entre le 17 mars et le 1er mai 2020, soit environ 19 % de la population carcérale d’avant la crise. La population carcérale est passée de 70 651 (1er mars 2020) à 58 695 (1er mai 2020), un niveau historiquement bas.

Cette baisse a fait passer le taux d’occupation moyen de 116 % à 98 %, un niveau jamais atteint depuis plus de 20 ans.

Quel bilan sanitaire en milieu pénitentiaire ?

Le bilan officiel de la première vague (mars-juin 2020) en milieu pénitentiaire est resté limité selon la DAP : 700 cas confirmés parmi les détenus, environ 800 cas chez les personnels, et moins de 5 décès en détention. La gestion stricte (confinement strict, isolement des cas, suspension parloirs) a permis de contenir la propagation.

Quelle a été la stratégie syndicale et institutionnelle ?

Les organisations syndicales pénitentiaires (UFAP UNSa Justice, CGT Pénitentiaire, FO Pénitentiaire) ont alerté dès la mi-mars 2020 sur le manque d’EPI. Une action en référé devant le Conseil d’État a été engagée le 27 mars 2020 par plusieurs associations (Observatoire international des prisons, Section française), aboutissant à une décision rappelant les obligations de l’État envers la santé des détenus.

Quel héritage de cette période ?

3 enseignements structurels ont été tirés de la crise :

  • Stocks stratégiques d’EPI : constitution d’un stock pénitentiaire dédié de plusieurs millions de masques.
  • Visioconférences pérennes : déploiement systématique des liaisons vidéo détenus-familles.
  • Régulation carcérale : la baisse de la population carcérale a relancé le débat sur l’aménagement des courtes peines.

Quelles sont les questions fréquentes sur ce métier ou ce sujet ?

Plusieurs questions reviennent régulièrement de la part des candidats, agents et usagers. Voici les éléments de réponse les plus fréquents en 2025, structurés selon les enjeux majeurs identifiés par les centres de gestion, les directions des ressources humaines et les fédérations professionnelles concernées.

Quelles ressources mobiliser pour aller plus loin ?

  • Site Service-Public.fr : portail officiel des droits et démarches administratives, mis à jour quotidiennement par la DILA.
  • Service-Public Pro : informations réglementaires destinées aux professionnels et chefs d’entreprise.
  • CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale, formations, fiches métiers, statistiques RH.
  • Bourses de l’emploi territorial des centres de gestion départementaux (88 CDG en France).
  • Portail Place de l’Emploi Public : offres des 3 fonctions publiques (FPE, FPT, FPH).
  • Légifrance : consultation des textes législatifs et réglementaires en vigueur.
  • 1jeune1solution.gouv.fr : portail dédié aux jeunes pour l’emploi, l’apprentissage et le service civique.
  • Bourse interministérielle de l’emploi public (BIEP) : recrutement des fonctionnaires de l’État.

Tableau récapitulatif des références utiles

Ressource Type Adresse
Service-Public.fr Portail officiel service-public.fr
Légifrance Textes juridiques legifrance.gouv.fr
CNFPT Formation territoriale cnfpt.fr
Place Emploi Public Recrutement public place-emploi-public.gouv.fr
FNCDG Fédération centres de gestion fncdg.com
DGAFP Direction fonction publique fonction-publique.gouv.fr
BIEP Bourse interministérielle biep.fonction-publique.gouv.fr
Mon Compte Formation CPF moncompteformation.gouv.fr

Quelles perspectives d’évolution à 5 ans ?

Les transformations en cours dans la fonction publique structurent les perspectives professionnelles à moyen terme. 4 grandes tendances impactent l’ensemble des métiers du secteur public : transition écologique, transition numérique, renouvellement démographique et évolution des attentes citoyennes en matière de qualité de service public.

Selon le rapport annuel de la DGAFP 2024 sur l’état de la fonction publique, plus de 650 000 départs en retraite sont prévus dans les 3 fonctions publiques d’ici 2030, créant des opportunités importantes de recrutement et de mobilité interne. Les compétences transversales — maîtrise du numérique, conduite de projet, médiation, analyse de données, communication multicanale — deviennent décisives pour l’évolution professionnelle des agents.

Pour anticiper ces évolutions, les agents disposent de plusieurs leviers de formation et de mobilité. Le compte personnel de formation (CPF) est abondé chaque année selon l’article L. 6323-1 du Code du travail à hauteur de 500 € par an dans la limite de 5 000 € (8 000 € pour les agents non qualifiés). La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de transformer 1 an d’expérience minimum en diplôme. Le bilan de compétences est financé par l’employeur public au titre du plan de formation.

Comment se préparer concrètement ?

Une préparation efficace combine 4 dimensions complémentaires : technique, comportementale, réseautage et pratique. Les candidats au public mobilisent en moyenne 6 à 12 mois pour monter en compétences sur un poste cible, en alternant formations courtes (CNFPT, ICN, CFPB), lectures spécialisées, immersions professionnelles et entraînement aux épreuves orales.

Tableau du plan de préparation type sur 6 mois

Mois Action prioritaire Livrable
Mois 1-2 Cartographie du secteur, lectures fondamentales Synthèse de 10 documents clés
Mois 2-3 Formation CNFPT ou MOOC dédié Attestation + fiches révisions
Mois 3-4 Réseautage : LinkedIn, événements pros, salons 10 contacts qualifiés
Mois 4-5 Préparation orale (concours / entretien) 3 simulations vidéo annotées
Mois 5-6 Candidatures actives + suivi 5-10 candidatures déposées

Plusieurs plateformes de formation gratuites ou à coût modéré sont accessibles aux candidats : Pix (compétences numériques), MOOC France Université Numérique (FUN), classes virtuelles du CNFPT, ressources Ouvertes du Service-Public, programmes de formation des centres de gestion. L’objectif est de cumuler savoirs réglementaires, savoirs métier et savoir-être avant de candidater.

Sources officielles et références juridiques

Article mis à jour le 4 mai 2026.