Au début du confinement national de mars 2020, le département de la Seine-Saint-Denis (93) a mobilisé 150 agents départementaux pour contacter et accompagner 50 000 personnes âgées isolées sur son territoire. Cette opération de solidarité, pilotée par le conseil départemental, a constitué l’une des plus vastes mobilisations sociales municipales pendant la crise sanitaire en Île-de-France. Le département compte 1,67 million d’habitants sur 40 communes.
Pourquoi cette mobilisation départementale ?
La Seine-Saint-Denis est l’un des départements les plus jeunes de France (35 % de moins de 25 ans), mais compte aussi plus de 200 000 personnes âgées de plus de 65 ans selon l’Insee 2024, dont une part significative vit seule. Lors du confinement national du 17 mars 2020, le risque d’isolement social et sanitaire des seniors a immédiatement été identifié comme prioritaire par le conseil départemental.
Le département a donc activé son plan de continuité d’activité (PCA) et redéployé des agents de plusieurs services (médico-social, action sociale, solidarité, citoyenneté) vers une cellule téléphonique et logistique dédiée aux personnes âgées isolées.
Tableau des chiffres clés de la mobilisation
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Agents mobilisés | 150 |
| Personnes âgées contactées | 50 000 |
| Population senior 75+ | ≈ 100 000 |
| Communes du département | 40 |
| Population totale 93 | 1,67 million d’habitants |
| Période de mobilisation | Mars-mai 2020 (vague 1) |
Quelle organisation a été mise en place ?
Une cellule départementale a été constituée en 72 heures. Le pilotage a été confié à la direction de l’autonomie du conseil départemental, en lien avec la préfecture, l’ARS Île-de-France, les CCAS communaux et les associations partenaires (Petits Frères des Pauvres, Croix-Rouge, Secours Populaire).
Quelles équipes ont été mobilisées ?
- 40 agents de la direction Autonomie : référents APA, MDPH, équipe médico-sociale.
- 30 agents de l’action sociale et insertion : assistants sociaux du département.
- 25 agents administratifs redéployés : services impactés par le confinement.
- 20 agents de la solidarité aux seniors : services dédiés.
- 20 médiateurs et conseillers numériques : aide aux démarches.
- 15 agents du service citoyenneté et démocratie locale.
Quelles étaient les missions des agents mobilisés ?
Les agents ont exercé 4 missions principales : repérage, contact téléphonique, signalement, livraison. Le repérage des personnes âgées isolées a été fait via le fichier national des personnes en perte d’autonomie (APA, MDPH), les bases de données CCAS, les listes ARS et les signalements citoyens.
Tableau des missions des agents
| Mission | Volume estimé | Outil |
|---|---|---|
| Appels téléphoniques de bienveillance | 50 000+ appels | Téléphone |
| Visites à domicile (cas critiques) | ≈ 4 500 | EPI complet |
| Livraisons courses / médicaments | ≈ 8 000 | Logistique départementale + bénévoles |
| Signalement urgences sociales | ≈ 1 200 | Plateforme dédiée |
| Mise en lien avec aide à domicile | ≈ 2 000 | Réseau de partenaires |
| Coordination avec ARS / hôpitaux | ≈ 350 cas | Liens directs |
Quels résultats ont été obtenus ?
L’opération a permis d’identifier près de 1 200 situations critiques nécessitant une intervention urgente : carences alimentaires, ruptures de traitement médical, isolement aggravé, conflits intrafamiliaux. 350 personnes âgées ont été orientées vers l’hôpital pour une prise en charge médicale.
Une évaluation indépendante commandée par le département en juin 2021 a évalué le coût total de l’opération à 2,8 millions d’euros et estimé le bénéfice social à plus de 8 millions d’euros (économies sur hospitalisations évitées, prise en charge précoce, lien social préservé).
Quelles évolutions structurelles depuis 2020 ?
3 réformes structurelles ont été engagées par le département depuis la crise sanitaire :
- Plan départemental d’accompagnement des seniors : doté de 12 millions d’euros sur 4 ans (2022-2025).
- Cellule pérenne de veille : maintien d’une équipe permanente d’agents dédiés au repérage.
- Plateforme numérique de signalement : permettant aux citoyens et professionnels de signaler les situations à risque.
Quel modèle pour d’autres collectivités ?
L’expérience seine-saint-denoise a inspiré plusieurs autres départements et métropoles. Le modèle d’organisation (cellule pluridisciplinaire, fichier centralisé, partenariats associatifs, communication ciblée) a été repris partiellement par le département du Val-de-Marne, la métropole de Lyon, la métropole de Nantes et le département du Rhône.
Quel est le rôle des CCAS dans ce dispositif ?
Les 40 CCAS communaux de Seine-Saint-Denis ont été des acteurs essentiels du dispositif. Le centre communal d’action sociale, prévu par les articles L. 123-4 à L. 123-5 du Code de l’action sociale et des familles, est l’instance locale de proximité. Les CCAS tiennent à jour un registre nominatif des personnes vulnérables conformément à l’article L. 121-6-1 du CASF.
Quelles sont les questions fréquentes sur ce métier ou ce sujet ?
Plusieurs questions reviennent régulièrement de la part des candidats, agents et usagers. Voici les éléments de réponse les plus fréquents en 2025, structurés selon les enjeux majeurs identifiés par les centres de gestion, les directions des ressources humaines et les fédérations professionnelles concernées.
Quelles ressources mobiliser pour aller plus loin ?
- Site Service-Public.fr : portail officiel des droits et démarches administratives, mis à jour quotidiennement par la DILA.
- Service-Public Pro : informations réglementaires destinées aux professionnels et chefs d’entreprise.
- CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale, formations, fiches métiers, statistiques RH.
- Bourses de l’emploi territorial des centres de gestion départementaux (88 CDG en France).
- Portail Place de l’Emploi Public : offres des 3 fonctions publiques (FPE, FPT, FPH).
- Légifrance : consultation des textes législatifs et réglementaires en vigueur.
- 1jeune1solution.gouv.fr : portail dédié aux jeunes pour l’emploi, l’apprentissage et le service civique.
- Bourse interministérielle de l’emploi public (BIEP) : recrutement des fonctionnaires de l’État.
Tableau récapitulatif des références utiles
| Ressource | Type | Adresse |
|---|---|---|
| Service-Public.fr | Portail officiel | service-public.fr |
| Légifrance | Textes juridiques | legifrance.gouv.fr |
| CNFPT | Formation territoriale | cnfpt.fr |
| Place Emploi Public | Recrutement public | place-emploi-public.gouv.fr |
| FNCDG | Fédération centres de gestion | fncdg.com |
| DGAFP | Direction fonction publique | fonction-publique.gouv.fr |
| BIEP | Bourse interministérielle | biep.fonction-publique.gouv.fr |
| Mon Compte Formation | CPF | moncompteformation.gouv.fr |
Quelles perspectives d’évolution à 5 ans ?
Les transformations en cours dans la fonction publique structurent les perspectives professionnelles à moyen terme. 4 grandes tendances impactent l’ensemble des métiers du secteur public : transition écologique, transition numérique, renouvellement démographique et évolution des attentes citoyennes en matière de qualité de service public.
Selon le rapport annuel de la DGAFP 2024 sur l’état de la fonction publique, plus de 650 000 départs en retraite sont prévus dans les 3 fonctions publiques d’ici 2030, créant des opportunités importantes de recrutement et de mobilité interne. Les compétences transversales — maîtrise du numérique, conduite de projet, médiation, analyse de données, communication multicanale — deviennent décisives pour l’évolution professionnelle des agents.
Pour anticiper ces évolutions, les agents disposent de plusieurs leviers de formation et de mobilité. Le compte personnel de formation (CPF) est abondé chaque année selon l’article L. 6323-1 du Code du travail à hauteur de 500 € par an dans la limite de 5 000 € (8 000 € pour les agents non qualifiés). La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de transformer 1 an d’expérience minimum en diplôme. Le bilan de compétences est financé par l’employeur public au titre du plan de formation.
Comment se préparer concrètement ?
Une préparation efficace combine 4 dimensions complémentaires : technique, comportementale, réseautage et pratique. Les candidats au public mobilisent en moyenne 6 à 12 mois pour monter en compétences sur un poste cible, en alternant formations courtes (CNFPT, ICN, CFPB), lectures spécialisées, immersions professionnelles et entraînement aux épreuves orales.
Tableau du plan de préparation type sur 6 mois
| Mois | Action prioritaire | Livrable |
|---|---|---|
| Mois 1-2 | Cartographie du secteur, lectures fondamentales | Synthèse de 10 documents clés |
| Mois 2-3 | Formation CNFPT ou MOOC dédié | Attestation + fiches révisions |
| Mois 3-4 | Réseautage : LinkedIn, événements pros, salons | 10 contacts qualifiés |
| Mois 4-5 | Préparation orale (concours / entretien) | 3 simulations vidéo annotées |
| Mois 5-6 | Candidatures actives + suivi | 5-10 candidatures déposées |
Plusieurs plateformes de formation gratuites ou à coût modéré sont accessibles aux candidats : Pix (compétences numériques), MOOC France Université Numérique (FUN), classes virtuelles du CNFPT, ressources Ouvertes du Service-Public, programmes de formation des centres de gestion. L’objectif est de cumuler savoirs réglementaires, savoirs métier et savoir-être avant de candidater.
Sources officielles et références juridiques
- Conseil départemental de Seine-Saint-Denis — Site officiel
- Code de l’action sociale et des familles — Article L. 121-6-1 (Légifrance)
- ARS Île-de-France — Plans de soutien aux seniors
- UNCCAS — Union nationale des CCAS
Article mis à jour le 4 mai 2026.