Le chargé de projet alimentaire territorial pilote la stratégie alimentaire d’une collectivité dans le cadre du PAT (Projet Alimentaire Territorial). Le dispositif est encadré par la loi d’avenir agricole du 13 octobre 2014 et renforcé par la loi EGalim du 30 octobre 2018. La France compte 416 PAT labellisés au 31 décembre 2024 selon le ministère de l’Agriculture.
Un PAT est un dispositif de coordination des acteurs alimentaires d’un territoire piloté par une collectivité. Il vise à structurer l’économie agricole locale, à soutenir l’agriculture durable et à améliorer l’accès à une alimentation de qualité pour tous les habitants.
Le PAT a été créé par l’article 39 de la loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Le programme national pour l’alimentation (PNA) finance les PAT à hauteur de 80 millions € sur 2021-2027 dans le cadre du plan France Relance.
Quels sont les 6 axes structurants d’un PAT ?
- Économie agricole : maintien et installation d’agriculteurs locaux.
- Approvisionnement : restauration collective, circuits courts.
- Justice sociale : accès à l’alimentation pour publics précaires.
- Santé et nutrition : éducation alimentaire, lutte contre l’obésité.
- Environnement : agroécologie, biodiversité, gaspillage.
- Culture alimentaire : patrimoine, savoir-faire locaux.
Quelles missions du chargé de projet alimentaire territorial ?
Le chargé de PAT exerce 5 missions principales : diagnostic territorial, élaboration de stratégie, animation partenariale, mise en œuvre opérationnelle et évaluation. Il rapporte au DGS ou au directeur du développement économique selon l’organigramme.
Quelles activités structurantes ?
| Mission | Activité | Indicateur |
|---|---|---|
| Diagnostic | Cartographie des acteurs alimentaires | 200 à 400 acteurs identifiés |
| Stratégie | Élaboration plan d’action triennal | 15 à 30 actions planifiées |
| Animation | Comité de pilotage trimestriel | 30 à 60 partenaires mobilisés |
| Mise en œuvre | Pilotage des actions opérationnelles | Budget 200 k€ à 1,5 M€/an |
| Évaluation | Indicateurs PAT, rapport annuel | Part bio en cantine, % local |
Quel cadre réglementaire EGalim ?
La loi EGalim du 30 octobre 2018 fixe des obligations chiffrées pour la restauration collective publique. Depuis le 1er janvier 2022, les cantines publiques doivent proposer 50 % de produits durables ou de qualité dont 20 % issus de l’agriculture biologique.
Quelles obligations chiffrées EGalim ?
| Indicateur | Seuil | Échéance |
|---|---|---|
| Produits durables et de qualité | 50 % | 1er janvier 2022 |
| Produits biologiques | 20 % | 1er janvier 2022 |
| Repas végétarien hebdomadaire | 1/semaine | 1er novembre 2019 |
| Diagnostic gaspillage alimentaire | Obligatoire | 1er janvier 2020 |
| Don alimentaire | Convention obligatoire | 1er janvier 2020 |
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a étendu le dispositif aux restaurants des entreprises privées soumises à obligation de restauration collective.
Comment se devient-on chargé de projet alimentaire territorial ?
Le poste est accessible par concours d’attaché territorial ou recrutement contractuel. Une formation initiale en agronomie, développement local ou ingénierie de projet alimentaire est généralement attendue.
Quels parcours de formation ?
- Master Développement local : Université Lyon 2, Toulouse Jean-Jaurès, Rennes 2.
- Master Agroécologie : Montpellier SupAgro, AgroParisTech.
- Mastère spécialisé PAT : ENA, AgroParisTech, ESA Angers.
- CNFPT : formations courtes pour agents en poste (3 à 10 jours).
- Réseau RnPAT : Réseau national des projets alimentaires territoriaux, animations communauté de pratique.
Quel salaire pour ce poste ?
Le chargé de projet alimentaire territorial perçoit un salaire brut mensuel de 2 200 € à 4 500 € en 2025. Le RIFSEEP représente 18 % à 35 % du traitement selon la collectivité.
Grille indiciaire de référence
| Cadre d’emploi | Indice fin de carrière | Brut mensuel |
|---|---|---|
| Attaché territorial | IM 673 | 3 313 € |
| Attaché principal | IM 821 | 4 042 € |
| Ingénieur territorial | IM 673 | 3 313 € |
| Ingénieur principal | IM 821 | 4 042 € |
Quels enjeux 2025 ?
4 enjeux structurent l’année 2025 : massification de l’approvisionnement local, lutte contre la précarité alimentaire, transition agroécologique et structuration des filières. Le réseau RnPAT recense 416 PAT actifs en France au 31 décembre 2024 contre 25 en 2017.
- Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat (SNANC) : feuille de route 2024-2030.
- Plan France 2030 : 2,8 milliards € pour la souveraineté alimentaire.
- Loi Climat et Résilience : extension EGalim au privé.
- Sécurité sociale de l’alimentation : expérimentations dans 12 territoires.
Sources officielles
- Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- RnPAT — Réseau national des PAT
- Loi EGalim du 30 octobre 2018
- PNA — Programme national pour l’alimentation
Article mis à jour le 4 mai 2026.