Qu’est-ce que l’IFM en intérim ? Définition, droits et calcul

L’IFM (Indemnité de Fin de Mission) est une prime obligatoire versée à tout intérimaire à la fin de sa mission. Elle représente 10 % du salaire brut total perçu pendant la mission. Instaurée par l’article L1251-32 du Code du travail, elle compense la précarité d’un contrat temporaire face à la stabilité d’un CDI.

Qu’est-ce que l’IFM en intérim ?

L’IFM, ou Indemnité de Fin de Mission, est une somme versée à l’intérimaire lorsque son contrat de travail temporaire prend fin. Elle est prévue à l’article L1251-32 du Code du travail. Son objectif est de compenser la précarité inhérente au travail temporaire par rapport à un CDI classique.

L’IFM est également appelée prime de précarité ou prime de fin de contrat. Un mécanisme équivalent existe pour les salariés en CDD dans le secteur privé. Elle figure obligatoirement sur le bulletin de salaire de fin de mission, à la ligne « IFM ».

Elle ne s’applique pas aux situations suivantes :

  • Contrat à Durée Indéterminée Intérimaire (CDII)
  • CDI classique conclu directement avec une entreprise

L’entreprise de travail temporaire (ETT) est l’employeur légal de l’intérimaire. C’est elle qui calcule et verse l’IFM. L’entreprise utilisatrice doit collaborer avec l’ETT pour communiquer les volumes horaires réels et la date exacte de fin de mission.

Quelle est la base légale de l’IFM en intérim ?

L’IFM est fondée sur 2 articles du Code du travail : l’article L1251-32, qui rend son versement obligatoire, et l’article L1251-33, qui définit les cas d’exclusion. Ces textes sont consultables sur Légifrance.

L’article L1251-32 précise que l’indemnité est due à l’issue de tout contrat de mission. L’article L1251-33 liste les situations dans lesquelles l’ETT est dispensée de verser l’IFM. Ces dispositions s’appliquent à l’ensemble du territoire français depuis la codification du droit du travail.

Une convention collective ou un accord de branche peut prévoir des modalités dérogatoires, à condition qu’elles ne soient pas moins favorables pour le salarié intérimaire. L’intérimaire conserve ses droits à l’IFM même si la mission débouche sur un CDD avec l’entreprise utilisatrice.

Base légale de l’IFM en intérim
Texte Contenu Application
Article L1251-32 du Code du travail Obligation de versement de l’IFM Tout contrat de mission terminé
Article L1251-33 du Code du travail Cas d’exclusion du versement CDI, faute grave, force majeure, etc.
Convention collective de branche Modalités dérogatoires possibles Si non moins favorables au salarié

Qui a droit à l’IFM en intérim ?

Tout salarié titulaire d’un contrat de travail temporaire (CTT) ou d’un CDD d’usage qui achève sa mission dans les conditions prévues a droit à l’IFM, quelle que soit la durée de la mission.

L’intérimaire conserve son droit à l’IFM dans les situations suivantes :

  • Mission menée jusqu’à son terme, y compris en cas de renouvellement
  • Mission débouchant sur un CDD avec l’entreprise utilisatrice
  • Signature d’un CDI intérimaire avec l’agence (le droit à l’IFM pour les missions précédentes est maintenu)
  • Signature d’un CDI avec une autre entreprise que l’entreprise utilisatrice

En revanche, 7 cas d’exclusion dispensent l’ETT de verser l’IFM :

  1. Embauche immédiate en CDI par l’entreprise utilisatrice à l’issue de la mission
  2. Rupture du contrat à l’initiative du salarié (abandon de poste, demande de fin anticipée)
  3. Rupture pour faute grave de l’intérimaire (vol, état d’ébriété, non-respect des consignes de sécurité)
  4. Rupture pour force majeure (crise sanitaire, catastrophe naturelle)
  5. Missions à caractère saisonnier, si un accord ou une convention collective le prévoit
  6. Missions réalisées dans le cadre de formations, bilans de compétences ou VAE
  7. Contrat à Durée Indéterminée Intérimaire (CDII) en cours

Comment calculer le montant de l’IFM ?

L’IFM représente 10 % du salaire brut total perçu pendant la mission, c’est-à-dire le salaire de base additionné des primes et des heures supplémentaires.

La formule de calcul est la suivante :

  • IFM = (Salaire brut de base + Primes + Heures supplémentaires) × 10 %

Exemple concret : Jean termine une mission de 8 semaines à 35 h/semaine, rémunérée à 12,30 € brut/heure, avec 10 heures supplémentaires majorées à 25 %.

  • Salaire de base : 280 h × 12,30 € = 3 444 €
  • Heures supplémentaires : 10 h × 12,30 € × 1,25 = 153,75 €
  • Salaire brut total : 3 597,75 €
  • IFM : 3 597,75 € × 10 % = 359,77 €

Autre exemple simplifié : un intérimaire perçoit 2 800 € brut sur une mission sans prime particulière. Son IFM s’élève à 280 € brut.

Quelle différence entre l’IFM brut et l’IFM net ?

L’IFM est versée en brut et soumise aux cotisations sociales, comme le salaire. Le montant net perçu est donc inférieur au montant brut affiché sur le bulletin de paie.

Pour une IFM brute de 280 €, le montant net effectivement perçu se situe entre 220 € et 240 € selon la situation personnelle de l’intérimaire et les taux de cotisations applicables.

L’IFM est soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux habituels (CSG, CRDS). Elle est intégrée au revenu imposable de l’année de perception.

Quelle est la relation entre l’IFM et les ICP (indemnités de congés payés) ?

En intérim, 2 indemnités de fin de contrat se cumulent : l’IFM (10 % du salaire brut) et les ICP, indemnités de congés payés (10 % de la rémunération totale incluant l’IFM).

Le calcul s’effectue en cascade :

  1. IFM = Salaire brut × 10 %
  2. ICP = (Salaire brut + IFM) × 10 %

Exemple chiffré pour un salaire brut de 2 800 € :

  • IFM = 2 800 € × 10 % = 280 €
  • ICP = (2 800 € + 280 €) × 10 % = 3 080 € × 10 % = 308 €
  • Total brut perçu : 3 388 € (soit +20,7 % par rapport au seul salaire de base)

Ces 2 lignes apparaissent distinctement sur le bulletin de paie. L’ICP compense l’impossibilité pour l’intérimaire de poser des congés classiques pendant la mission.

Quand l’IFM est-elle versée ?

L’IFM est versée en même temps que le dernier salaire de la mission, généralement autour du 12 du mois suivant la fin de la mission. La date exacte varie selon les pratiques de l’agence d’intérim.

Le versement figure sur le bulletin de paie de fin de mission, avec la mention explicite « IFM ». En cas de retard ou d’absence de versement, l’intérimaire doit se rapprocher de son agence de travail temporaire pour demander une vérification.

Chronologie de versement de l’IFM
Étape Délai Acteur
Fin de la mission d’intérim Jour J Entreprise utilisatrice
Transmission des données horaires et de paie Jour J à J+5 ETT + entreprise utilisatrice
Calcul et édition du bulletin de paie Fin du mois ou début du mois suivant ETT (employeur légal)
Versement de l’IFM Vers le 12 du mois suivant la fin de mission ETT

Qui paie l’IFM en intérim ?

C’est l’entreprise de travail temporaire (ETT), en tant qu’employeur légal de l’intérimaire, qui paie l’IFM. L’entreprise utilisatrice n’intervient pas directement dans le versement.

L’entreprise utilisatrice a toutefois un rôle indirect. Elle doit fournir à l’ETT les informations nécessaires : volume horaire réel réalisé, primes versées sur site, date réelle de fin de prestation. Sans ces données, l’ETT ne peut pas calculer correctement le montant de l’IFM.

Le coût de l’IFM est intégré dans le taux de facturation appliqué par l’ETT à l’entreprise utilisatrice. Il représente donc économiquement une charge pour l’entreprise qui a recours au travail temporaire.

L’IFM est-elle versée en cas d’arrêt de travail ou d’accident ?

En cas d’arrêt de travail ou d’accident survenu pendant la mission, le droit à l’IFM dépend des conditions de rupture du contrat. Si la mission est interrompue pour force majeure, l’IFM peut ne pas être due.

En revanche, si la mission arrive à son terme prévu malgré un arrêt de travail antérieur, l’intérimaire conserve son droit à l’IFM. Les périodes d’arrêt maladie n’entrent généralement pas dans la base de calcul du salaire brut, ce qui réduit mécaniquement le montant de l’IFM finale.

Dans le secteur du BTP, certaines interruptions liées aux intempéries peuvent réduire ou supprimer le droit à l’IFM selon les clauses contractuelles et conventions collectives applicables.

Pourquoi un intérimaire peut-il ne pas toucher son IFM ?

Un intérimaire ne perçoit pas son IFM dans 7 situations légales définies par l’article L1251-33 du Code du travail, notamment en cas de faute grave, de rupture à son initiative ou d’embauche immédiate en CDI.

Les causes les plus fréquentes de non-versement sont :

  • Embauche en CDI par l’entreprise utilisatrice : l’emploi est considéré comme pérennisé, la compensation de précarité n’a plus lieu d’être
  • Rupture à l’initiative du salarié : abandon de poste, demande de fin anticipée de mission
  • Faute grave : vol, état d’ébriété, non-respect des consignes de sécurité, abandon de poste caractérisé
  • Mission saisonnière : si un accord collectif prévoit expressément cette exclusion
  • CDII en cours : le salarié bénéficie d’une continuité d’emploi garantie par son contrat

Si un intérimaire estime que son IFM lui est due et qu’elle n’a pas été versée sans justification légale, il peut saisir le Conseil de Prud’hommes compétent. Le délai de prescription pour agir en paiement de salaire est de 3 ans à compter de la date à laquelle la créance est exigible.

IFM et fonction publique : quelles spécificités pour les agents publics ?

L’IFM au sens du Code du travail ne s’applique pas directement aux fonctionnaires titulaires, mais les agents contractuels en contrat à durée déterminée dans la fonction publique peuvent bénéficier d’une prime de fin de contrat aux conditions fixées par décret.

Depuis le 1er janvier 2020, une prime de précarité a été instaurée pour les agents contractuels de la fonction publique (FPE, FPT, FPH) dont la rémunération est inférieure à un plafond défini. Ce dispositif est distinct de l’IFM intérim du secteur privé mais poursuit le même objectif de compensation de la précarité contractuelle.

Les agents publics recrutés via des agences d’intérim dans le cadre de l’intérim public (prévu par la loi du 20 avril 2016 de modernisation de la fonction publique) relèvent du Code du travail pour les conditions d’emploi temporaire. Ils bénéficient donc de l’IFM dans les mêmes conditions que les intérimaires du secteur privé. La DGAFP publie des circulaires précisant les modalités d’application.

Sources officielles

Article mis à jour le 4 mai 2026.