Le chargé de communication publique conçoit et met en œuvre les actions de communication interne et externe d’une collectivité territoriale, d’un établissement public ou d’un ministère. Selon le CNFPT, ce métier relève principalement du cadre d’emploi des attachés territoriaux (catégorie A) ou des rédacteurs territoriaux (catégorie B), au sein de la filière administrative qui regroupe l’un des 250 métiers territoriaux. Sa mission centrale : préserver et valoriser l’image institutionnelle.
Le chargé de communication publique est l’agent qui pilote la stratégie de communication d’une institution publique : commune, intercommunalité, département, région, ministère, hôpital ou opérateur d’État. Il agit comme un trait d’union entre les élus, les agents et les administrés.
Selon le guide métier du CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), il est « la clé de voûte de l’image de la collectivité auprès des habitants et usagers, du tissu économique local, des organisations, des associations ainsi que des partenaires institutionnels ». Le métier existe dans les 3 versants de la fonction publique : FPE (État), FPT (Territoriale) et FPH (Hospitalière).
Quel est le cadre d’emploi de référence ?
En FPT, le chargé de communication relève le plus souvent du cadre d’emploi des attachés territoriaux (catégorie A, filière administrative) régi par le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 modifié, ou du cadre d’emploi des rédacteurs territoriaux (catégorie B) régi par le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012. Dans les grandes collectivités, la fonction de directeur de la communication est confiée à un attaché principal ou à un administrateur territorial (catégorie A+).
Quelles sont les missions du chargé de communication publique ?
Le chargé de communication remplit 6 grandes missions : conception de la stratégie, production éditoriale, communication digitale, relations presse, communication interne, gestion de l’image et veille. Ces missions varient selon la taille de la collectivité et la spécialisation du poste (communication interne, externe, digitale, événementielle ou de crise).
Tableau des missions principales
| Mission | Activités concrètes | Outils utilisés |
|---|---|---|
| Stratégie de communication | Élaboration du plan de communication global, déclinaison par public cible | Diagnostic, plan annuel, indicateurs |
| Production éditoriale | Rédaction de communiqués, dossiers de presse, magazine municipal, plaquettes | CMS, suite bureautique, charte graphique |
| Communication digitale | Animation site web, réseaux sociaux institutionnels, newsletters, intranet | WordPress, Drupal, outils SMO |
| Relations presse | Lien avec journalistes locaux, organisation de conférences de presse | Fichier presse, communiqués |
| Communication interne | Information des agents, journal interne, séminaires | Intranet, lettres internes |
| Veille et analyse | Suivi de l’image institutionnelle, veille médiatique, gestion de crise | Outils de veille (Tagaday, Mention) |
Ces missions sont définies dans le répertoire des métiers territoriaux du CNFPT (code métier 05/A/01) et dans le RIME (Répertoire interministériel des métiers de l’État) sous la famille « Communication ».
Comment devenir chargé de communication publique ?
Trois voies principales mènent au métier : le concours de la fonction publique, le recrutement contractuel, ou la mobilité interne d’un cadre déjà titulaire. Les profils recherchés sont titulaires d’un bac+3 à bac+5 en communication, journalisme, sciences politiques ou information-communication.
Quels concours permettent d’accéder au poste ?
| Concours | Catégorie | Niveau requis | Organisateur |
|---|---|---|---|
| Attaché territorial — spécialité animation, urbanisme, analyste, gestion du secteur sanitaire et social ou administration générale | A | Bac+3 | Centres de gestion / CNFPT |
| Rédacteur territorial | B | Bac | Centres de gestion |
| Attaché principal d’administration de l’État (IRA) | A | Bac+3 | Ministère / IRA |
| Concours sur titre PACTE | C | Sans diplôme | Pôle emploi / FPT |
| 3e voie (expérience professionnelle 4 ans) | A ou B | VAE possible | CDG |
Le concours d’attaché territorial est organisé tous les 2 ans par les centres de gestion (CDG) coordonnés régionalement. Une fois reçu, le lauréat est inscrit sur la liste d’aptitude pendant 4 ans (2 ans renouvelables 2 fois) pour trouver un poste auprès d’un employeur public.
Quelle formation initiale viser ?
- Licence information-communication (bac+3) : socle théorique en sciences de l’information.
- Master communication publique et territoriale (bac+5) : Sciences Po, Celsa, IEP régionaux, universités.
- Master journalisme ou master marketing digital : pour les profils digitaux.
- Diplôme d’IEP : Sciences Po Paris ou IEP de province (Aix, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain, Strasbourg, Toulouse).
- Concours interne CNFPT : pour les agents en poste souhaitant évoluer.
Quel est le salaire d’un chargé de communication publique ?
Le salaire dépend du grade, de l’échelon et du régime indemnitaire (RIFSEEP). Un attaché territorial débutant perçoit environ 1 850 € net mensuel, un attaché principal en milieu de carrière 2 800 à 3 200 € net, et un directeur de communication d’une grande collectivité peut atteindre 4 500 € net hors NBI.
Grille indiciaire et rémunération moyenne
| Grade | Indice majoré début | Indice majoré fin | Salaire brut mensuel début | Salaire brut mensuel fin |
|---|---|---|---|---|
| Rédacteur territorial | 366 | 538 | ≈ 1 836 € | ≈ 2 700 € |
| Rédacteur principal 2e classe | 389 | 587 | ≈ 1 951 € | ≈ 2 945 € |
| Attaché territorial | 444 | 673 | ≈ 2 227 € | ≈ 3 376 € |
| Attaché principal | 536 | 821 (HEA) | ≈ 2 689 € | ≈ 4 119 € |
| Directeur territorial | 706 | HEB bis | ≈ 3 542 € | ≈ 5 100 € |
À ces traitements s’ajoute le RIFSEEP (Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l’Expertise et de l’Engagement Professionnel), composé de l’IFSE (part fixe) et du CIA (part variable). Selon le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, l’IFSE peut représenter 30 à 50 % du traitement indiciaire selon la collectivité.
Quelles compétences pour exercer ce métier ?
Le chargé de communication publique mobilise des compétences techniques (rédaction, digital, graphisme) et relationnelles (sens politique, négociation, écoute). Le référentiel CNFPT identifie 4 savoirs et 5 savoir-faire essentiels au métier.
Compétences techniques attendues
- Maîtrise rédactionnelle : écriture journalistique, web, institutionnelle.
- Connaissance du fonctionnement des collectivités : code général des collectivités territoriales (CGCT), instances délibérantes.
- Outils numériques : CMS (WordPress, Typo3, Drupal), suite Adobe (Photoshop, InDesign), outils de webanalytics.
- Communication de crise : méthodologie, plan de communication d’urgence, posture.
- Marketing territorial : valorisation de l’attractivité d’un territoire, gestion d’une marque de territoire.
Compétences relationnelles et savoir-être
- Sens du service public : neutralité, devoir de réserve.
- Diplomatie politique : interface entre élus, cabinet et services.
- Capacité d’analyse : compréhension des enjeux territoriaux et institutionnels.
- Réactivité : gestion d’urgences, communication événementielle.
- Travail en équipe : pilotage transversal des projets.
Comment évoluer dans la communication publique ?
Les perspectives d’évolution s’articulent autour de 3 axes : montée en grade par concours interne ou avancement, mobilité territoriale ou interministérielle, et spécialisation thématique (communication digitale, événementielle, de crise, ou marketing territorial).
Un chargé de communication peut accéder aux fonctions suivantes :
- Responsable de communication dans une commune de taille moyenne (10 000 à 50 000 habitants).
- Directeur de la communication dans une grande collectivité (région, métropole, département).
- Directeur de cabinet auprès d’un élu (maire, président d’EPCI, président de département ou région).
- Chargé de mission auprès du préfet ou en administration centrale via la mobilité interfonctions publiques.
- Consultant en communication publique dans le secteur privé après détachement.
Quels sont les principaux employeurs publics ?
Les 3 fonctions publiques recrutent des chargés de communication mais avec des proportions différentes. La FPT concentre la majorité des postes du fait du nombre de collectivités (35 062 communes, 1 254 EPCI, 101 départements, 18 régions au 1er janvier 2025).
Répartition des postes par employeur public
| Employeur public | Estimation postes | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Communes (FPT) | ≈ 8 000 | 1 chargé/communes > 5 000 hab |
| EPCI / Métropoles (FPT) | ≈ 2 500 | Service de 2 à 15 agents |
| Départements et régions (FPT) | ≈ 1 800 | Direction structurée |
| Ministères et SCN (FPE) | ≈ 1 200 | SIG, Délégations à l’information |
| Établissements publics (FPE/FPH) | ≈ 1 500 | Universités, hôpitaux, agences |
| Opérateurs (CNRS, Météo-France, INSERM…) | ≈ 800 | Communication scientifique |
Le SIG (Service d’Information du Gouvernement), placé sous l’autorité du Premier ministre, coordonne la communication interministérielle. La Délégation à l’information et à la communication (DICOM) existe dans la plupart des ministères.
Quels sont les défis actuels du métier ?
Le chargé de communication publique fait face à 4 défis majeurs en 2025-2026 : la transformation digitale, la lutte contre la désinformation, la communication écoresponsable, et l’évolution de la gestion de crise après les épisodes Covid-19, gilets jaunes et émeutes urbaines.
L’essor des réseaux sociaux a transformé la fonction. Les institutions publiques sont désormais présentes sur Facebook, Instagram, X (ex-Twitter), LinkedIn, TikTok et BlueSky. Le décret n° 2022-1499 du 1er décembre 2022 sur la sobriété numérique et la loi REEN du 15 novembre 2021 imposent une communication digitale plus économe en ressources.
Sources officielles
- Guide métier CNFPT — Le chargé de communication territorial
- Décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 — cadre d’emploi des attachés territoriaux
- Décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 — cadre d’emploi des rédacteurs territoriaux
- Décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 — RIFSEEP
- Portail de la Fonction publique — DGAFP
Article mis à jour le 4 mai 2026 selon les référentiels CNFPT et DGAFP en vigueur.