Portrait d’Estelle, éducatrice territoriale de jeunes enfants (EJE) en service petite enfance d’une commune de 28 000 habitants. Diplômée d’État éducatrice de jeunes enfants depuis 2017, elle exerce en multi-accueil de 45 places, accompagne les assistantes maternelles du Relais Petite Enfance (RPE) et coordonne les actions parentalité de la collectivité. La fonction publique territoriale compte environ 14 000 EJE selon le CNFPT 2024.
L’éducatrice (ou éducateur) de jeunes enfants territoriale est un professionnel social diplômé d’État (DEEJE) qui accompagne le développement global de l’enfant de 0 à 7 ans. Le métier appartient à la filière médico-sociale et est régi par le décret n° 95-31 du 10 janvier 1995 modifié, qui fixe le statut particulier des EJE territoriaux (catégorie A depuis la réforme de 2018).
L’EJE intervient dans 4 grands types de structures publiques : multi-accueils collectifs (crèches), Relais Petite Enfance (RPE), Lieux d’Accueil Enfants-Parents (LAEP), et services protection de l’enfance (ASE).
Tableau des lieux d’exercice de l’EJE territoriale
| Structure | Mission principale | Public cible |
|---|---|---|
| Multi-accueil collectif | Encadrement éducatif quotidien | Enfants 2 mois-3 ans |
| Crèche familiale | Accompagnement assistantes maternelles | Assistantes maternelles agréées |
| Relais Petite Enfance (RPE) | Information familles et professionnels | Familles et AssMat |
| LAEP | Accueil parent-enfant | Familles 0-4 ans |
| Halte-garderie | Accueil occasionnel | Enfants 0-6 ans |
| ASE / pouponnière | Protection de l’enfance | Enfants placés |
Quelles sont les missions multiples d’Estelle ?
L’EJE territoriale exerce simultanément des missions d’encadrement éducatif, d’animation, de coordination, de lien parentalité et de partenariat institutionnel. Chez Estelle, son emploi du temps se répartit entre 50 % multi-accueil, 30 % coordination RPE, 10 % animations LAEP et 10 % réunions partenaires.
Tableau des missions hebdomadaires d’Estelle
| Mission | Volume horaire | Activités |
|---|---|---|
| Multi-accueil | 17,5 h / semaine | Animation ateliers, transmissions, projet pédagogique |
| Coordination RPE | 10,5 h / semaine | Animation matinées d’éveil, conseils AssMat |
| Animation LAEP | 3,5 h / semaine | Permanence parents-enfants |
| Réunions partenaires | 3,5 h / semaine | PMI, CAF, ASE, Éducation nationale |
| Veille et formation | Variable | Lecture, journées CNFPT |
Quel est le quotidien d’Estelle ?
Une journée type d’EJE en multi-accueil mêle l’animation pédagogique, l’observation cliniques des enfants et le travail en équipe pluridisciplinaire. Estelle commence à 8 h 30 par les transmissions matinales, observe les enfants pendant les temps libres, prépare des ateliers d’éveil et co-anime des temps de réunion avec les auxiliaires de puériculture.
Quels sont les temps forts de la journée ?
- 8 h 30 – 9 h 00 : Transmissions parents et organisation de la journée.
- 9 h 00 – 11 h 00 : Activités d’éveil (motricité, manipulation, lecture).
- 11 h 00 – 12 h 30 : Repas en groupe, transmissions individuelles.
- 12 h 30 – 14 h 30 : Temps calme et sieste, travail administratif.
- 14 h 30 – 16 h 00 : Réveils échelonnés, ateliers libres.
- 16 h 00 – 18 h 30 : Goûter, jeux extérieurs, départs et transmissions.
Quelle est la formation pour devenir EJE ?
Le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE) se prépare en 3 ans en école agréée, après le baccalauréat. Depuis la réforme de 2018, le DEEJE est reconnu de niveau 6 (équivalent licence). L’admission se fait sur Parcoursup ou via les sélections propres aux établissements.
La formation comprend 1 500 heures de formation théorique (sciences humaines, pédagogie, santé, droit), 2 100 heures de stages pratiques répartis sur 4 stages, et la rédaction d’un mémoire professionnel.
Quel est le salaire d’Estelle ?
Au 4e échelon du grade d’EJE territoriale (indice majoré 419), le traitement brut mensuel s’élève à environ 2 075 €. La grille s’achève au grade EJE de classe exceptionnelle à 3 200 € bruts (indice 632 en fin de carrière).
S’ajoutent le RIFSEEP filière médico-sociale (en moyenne 250 à 450 € mensuels), la prime de service et la NBI petite enfance (10 points). Estelle perçoit environ 2 350 € bruts par mois après 7 ans d’ancienneté.
Quels sont les défis de la profession ?
3 défis structurent le métier en 2025 : pénurie de professionnelles, réforme NORMA et reconnaissance professionnelle. La filière petite enfance manque de 10 000 professionnels selon l’Observatoire Petite Enfance 2024. Le décret NORMA n° 2021-1131 du 30 août 2021 a renforcé les ratios d’encadrement et la qualification du personnel.
Quelles évolutions de carrière pour Estelle ?
3 trajectoires principales s’offrent à une EJE territoriale expérimentée :
- Directrice de multi-accueil : direction d’un EAJE de 24 à 60 places.
- Coordinatrice petite enfance : pilotage du réseau d’établissements à l’échelle d’une collectivité.
- Cadre de direction sociale : direction d’un service petite enfance ou ASE.
Quelles sont les questions fréquentes sur ce métier ou ce sujet ?
Plusieurs questions reviennent régulièrement de la part des candidats, agents et usagers. Voici les éléments de réponse les plus fréquents en 2025, structurés selon les enjeux majeurs identifiés par les centres de gestion, les directions des ressources humaines et les fédérations professionnelles concernées.
Quelles ressources mobiliser pour aller plus loin ?
- Site Service-Public.fr : portail officiel des droits et démarches administratives, mis à jour quotidiennement par la DILA.
- Service-Public Pro : informations réglementaires destinées aux professionnels et chefs d’entreprise.
- CNFPT : Centre national de la fonction publique territoriale, formations, fiches métiers, statistiques RH.
- Bourses de l’emploi territorial des centres de gestion départementaux (88 CDG en France).
- Portail Place de l’Emploi Public : offres des 3 fonctions publiques (FPE, FPT, FPH).
- Légifrance : consultation des textes législatifs et réglementaires en vigueur.
- 1jeune1solution.gouv.fr : portail dédié aux jeunes pour l’emploi, l’apprentissage et le service civique.
- Bourse interministérielle de l’emploi public (BIEP) : recrutement des fonctionnaires de l’État.
Tableau récapitulatif des références utiles
| Ressource | Type | Adresse |
|---|---|---|
| Service-Public.fr | Portail officiel | service-public.fr |
| Légifrance | Textes juridiques | legifrance.gouv.fr |
| CNFPT | Formation territoriale | cnfpt.fr |
| Place Emploi Public | Recrutement public | place-emploi-public.gouv.fr |
| FNCDG | Fédération centres de gestion | fncdg.com |
| DGAFP | Direction fonction publique | fonction-publique.gouv.fr |
| BIEP | Bourse interministérielle | biep.fonction-publique.gouv.fr |
| Mon Compte Formation | CPF | moncompteformation.gouv.fr |
Quelles perspectives d’évolution à 5 ans ?
Les transformations en cours dans la fonction publique structurent les perspectives professionnelles à moyen terme. 4 grandes tendances impactent l’ensemble des métiers du secteur public : transition écologique, transition numérique, renouvellement démographique et évolution des attentes citoyennes en matière de qualité de service public.
Selon le rapport annuel de la DGAFP 2024 sur l’état de la fonction publique, plus de 650 000 départs en retraite sont prévus dans les 3 fonctions publiques d’ici 2030, créant des opportunités importantes de recrutement et de mobilité interne. Les compétences transversales — maîtrise du numérique, conduite de projet, médiation, analyse de données, communication multicanale — deviennent décisives pour l’évolution professionnelle des agents.
Pour anticiper ces évolutions, les agents disposent de plusieurs leviers de formation et de mobilité. Le compte personnel de formation (CPF) est abondé chaque année selon l’article L. 6323-1 du Code du travail à hauteur de 500 € par an dans la limite de 5 000 € (8 000 € pour les agents non qualifiés). La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de transformer 1 an d’expérience minimum en diplôme. Le bilan de compétences est financé par l’employeur public au titre du plan de formation.
Comment se préparer concrètement ?
Une préparation efficace combine 4 dimensions complémentaires : technique, comportementale, réseautage et pratique. Les candidats au public mobilisent en moyenne 6 à 12 mois pour monter en compétences sur un poste cible, en alternant formations courtes (CNFPT, ICN, CFPB), lectures spécialisées, immersions professionnelles et entraînement aux épreuves orales.
Tableau du plan de préparation type sur 6 mois
| Mois | Action prioritaire | Livrable |
|---|---|---|
| Mois 1-2 | Cartographie du secteur, lectures fondamentales | Synthèse de 10 documents clés |
| Mois 2-3 | Formation CNFPT ou MOOC dédié | Attestation + fiches révisions |
| Mois 3-4 | Réseautage : LinkedIn, événements pros, salons | 10 contacts qualifiés |
| Mois 4-5 | Préparation orale (concours / entretien) | 3 simulations vidéo annotées |
| Mois 5-6 | Candidatures actives + suivi | 5-10 candidatures déposées |
Plusieurs plateformes de formation gratuites ou à coût modéré sont accessibles aux candidats : Pix (compétences numériques), MOOC France Université Numérique (FUN), classes virtuelles du CNFPT, ressources Ouvertes du Service-Public, programmes de formation des centres de gestion. L’objectif est de cumuler savoirs réglementaires, savoirs métier et savoir-être avant de candidater.
Sources officielles et références juridiques
- Décret n° 95-31 du 10 janvier 1995 — EJE territoriaux (Légifrance)
- Décret n° 2021-1131 du 30 août 2021 (NORMA, Légifrance)
- CNFPT — Métier EJE territoriale
- CAF — Petite enfance et parentalité
Article mis à jour le 4 mai 2026.