Charge reseaux telecoms maintenance des infrastructures numeriques

Le chargé de réseaux et télécoms territorial assure le déploiement et la maintenance des infrastructures numériques d’une collectivité : fibre optique, Wi-Fi, téléphonie sur IP, vidéosurveillance. Il appartient à la filière technique de la fonction publique territoriale (FPT), cadre d’emplois des techniciens territoriaux (catégorie B) ou ingénieurs territoriaux (catégorie A) selon le niveau d’intervention.

Quelles sont les missions du chargé de réseaux télécoms ?

Le chargé de réseaux télécoms intervient sur 5 grands périmètres dans la collectivité, autour des infrastructures actives et passives.

Quelles activités au quotidien ?

Domaine Activités Exemples concrets
Réseau LAN/WAN Configuration, supervision, dépannage Switchs, routeurs, VLAN, MPLS
Téléphonie sur IP (ToIP) Administration des PABX, postes, softphones Cisco CUCM, Mitel, Wildix
Wi-Fi public et professionnel Déploiement, contrôleurs, RGPD captive portal Aruba, Cisco Meraki
Fibre optique (FTTH/FTTO) Soudure, mesure réflectométrique, raccordements OTDR, soudeuse, NRO
Vidéoprotection / IoT Caméras IP, capteurs ville intelligente VMS, NVR, LoRaWAN

Le métier est référencé dans le Répertoire des Métiers de la FPT du CNFPT sous le code « Spécialiste informatique et télécommunications ». Il intervient en lien avec la DSI et les services techniques.

Quelle formation pour devenir chargé de réseaux télécoms public ?

Le diplôme requis est un BTS SIO option SISR, un BUT R&T (Réseaux et Télécommunications), ou un master en réseaux. L’obtention du concours de technicien territorial (catégorie B) ou d’ingénieur territorial (catégorie A) donne accès au statut.

Quels diplômes recommandés ?

  • BTS SIO option SISR (Solutions d’Infrastructure, Systèmes et Réseaux) : 2 ans.
  • BUT R&T (Réseaux et Télécommunications) : 3 ans, niveau bac+3.
  • Licence pro métiers des réseaux informatiques et télécommunications.
  • Master ingénierie des réseaux (Université Paris-Saclay, Limoges, Bordeaux).
  • Diplôme d’ingénieur télécoms (IMT Atlantique, Télécom Paris, INSA).
  • Certifications professionnelles : CCNA, CCNP Cisco, JNCIA Juniper, Aruba ACMA.

Le CNFPT propose une formation continue dédiée « Itinéraire de professionnalisation des techniciens informatiques et télécoms » sur 12 jours répartis sur 12 mois.

Quel est le salaire d’un chargé de réseaux télécoms territorial ?

Un technicien territorial débutant perçoit 1 818,27 € brut mensuel (indice majoré 369). Un ingénieur territorial débute à 1 919,80 €. Avec primes RIFSEEP, le total atteint 2 200 € à 2 800 € brut selon les collectivités.

Grille indiciaire 2026

Grade Échelon Indice majoré Brut mensuel
Technicien territorial 1er échelon 1 369 1 816,49 €
Technicien principal 2e classe 414 2 038,00 €
Technicien principal 1re classe (terminal) 587 2 889,42 €
Ingénieur territorial 1er échelon 1 390 1 919,80 €
Ingénieur principal terminal 783 3 854,16 €
Ingénieur hors classe HEA ≈ 5 500 €

S’ajoutent l’IFSE (variable selon collectivité), le CIA, l’astreinte technique, et la NBI (10 à 25 points selon les fonctions).

Comment intégrer la fonction publique territoriale ?

3 voies d’accès au cadre d’emplois :

  • Concours externe technicien territorial : ouvert aux titulaires d’un bac+2 (BTS, BUT) ou diplôme équivalent.
  • Concours externe ingénieur territorial : ouvert aux titulaires d’un master 2 ou diplôme d’ingénieur.
  • Concours interne : pour agents publics ayant 4 ans d’ancienneté.

Les concours sont organisés par le CNFPT (ingénieurs en chef et grandes collectivités) ou par les CDG départementaux. La liste d’aptitude reste valable 4 ans.

Quels sont les enjeux des infrastructures numériques publiques ?

3 grands chantiers structurent l’action des chargés de réseaux télécoms en collectivité.

Enjeu Cadre réglementaire Échéance
Plan France Très Haut Débit (FTTH) Loi du 17 décembre 2009 + AMII / RIP Couverture 100 % fibre 2030
Identité numérique souveraine Règlement eIDAS 2 (UE 2024/1183) 2027
Cybersécurité collectivités Directive NIS 2 (UE 2022/2555) Transposition oct. 2024
Smart city / IoT urbain Loi Climat et résilience (août 2021) Continu
Sobriété numérique Loi REEN du 15 nov. 2021 Schéma directeur 2026

La directive NIS 2 impose aux collectivités > 50 000 habitants un dispositif de gestion du risque cyber, avec déclaration d’incident dans les 24 heures à l’ANSSI.

Quelles compétences techniques sont requises ?

  • Protocoles réseau : TCP/IP, OSPF, BGP, MPLS, IPv6.
  • Sécurité : firewalls (Stormshield, Fortinet, Palo Alto), VPN IPsec, NAC, SIEM.
  • Virtualisation : VMware NSX, SD-WAN, conteneurs.
  • Supervision : Centreon, Zabbix, Nagios, PRTG.
  • Téléphonie : Asterisk, Cisco Call Manager, intégration Teams Direct Routing.
  • Câblage cuivre/fibre : norme TIA-568, EN 50173, mesure OTDR.

La maîtrise des marchés publics (CCAG-TIC, accord-cadre UGAP) est nécessaire pour l’achat des équipements et services.

Quelles évolutions de carrière ?

Évolution Conditions Brut estimé
Chef d’équipe technique Promotion interne 2 500 € à 3 000 €
Responsable infrastructure DSI 5 à 8 ans d’expérience 3 000 € à 4 000 €
RSSI (Responsable Sécurité SI) Certification CISSP, ISO 27001 LA 3 800 € à 5 500 €
DSI de collectivité Concours ingénieur en chef 4 500 € à 6 500 €
Directeur stratégie numérique 10+ ans + formation INET 5 000 € à 8 000 €

Les ingénieurs en chef territoriaux sont recrutés par concours via l’INET (Strasbourg), avec une scolarité initiale de 18 mois.

Quels organismes recrutent ?

Les principaux employeurs publics du secteur : régions (gestionnaires des réseaux d’initiative publique RIP), métropoles, syndicats mixtes numériques (Manche Numérique, Megalis Bretagne), départements, communautés d’agglomération.

L’État emploie également via la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique), l’ANSSI, et les ministères. Les opérateurs publics comme la SNCF, RATP, EDF disposent aussi de chargés de réseaux internes.

Sources officielles

Article mis à jour le 4 mai 2026.